L'endométriose, ça fait mal

La douleur en cas d'endométriose est normale, puisque les cellules «expatriées» s'activent de la même façon que lorsqu'elles étaient dans l'utérus, en s'épaississant. Avec le temps, la douleur peut devenir omniprésente. D'ailleurs, 60% des femmes qui se plaignent de douleurs pelviennes chroniques font de l'endométriose. Une douleur lors de la pénétration sexuelle peut constituer un autre indice. Remarquez qu'un utérus rétroversé (incliné vers l'arrière) peut causer le même malaise. Comme on peut retrouver des cellules de l'endomètre sur la vessie ou sur les intestins, on comprend les symptômes qu'elle suscite, comme l'urgence mictionnelle ou les diarrhées.

Ce qu'il y a de particulier avec cette maladie, c'est que chaque femme est un cas d'espèce. On peut poser le diagnostic à 15 ans ou à 40 ans (le plus souvent entre 25 et 35 ans), on peut avoir des règles normales, et soudainement, à 30 ans, être très indisposée. On peut aussi avoir un répit d'une année ou deux, ou alors en souffrir après une ligature des trompes.

Autre caractéristique: l'intensité des symptômes est très variable et n'a rien à voir avec l'extension de la maladie. On observe des femmes avec beaucoup de lésions et peu de symptômes ou, au contraire, beaucoup de symptômes et peu de lésions.

Exceptionnellement, la migration des cellules de l'endomètre peut transporter l'endométriose dans différents endroits ou organes: dans les seins, dans le foie, dans les reins, dans les os, dans les poumons, etc.

Délai dans le diagnostic

Peu importe le pays, le diagnostic de l'endométriose prend entre sept à dix ans avant d'être posé. Est-ce qu'on tient trop pour acquis qu'on doit souffrir quand on a ses règles? Que nos douleurs n'intéressent pas les médecins? Que les médecins eux-mêmes ne reconnaissent pas l'ampleur du problème? Il faut croire que oui!