Un traitement?
On ne peut pas guérir l'endométriose, mais on peut en contrôler l'activité afin de soulager les symptômes. À mes patientes, je recommande de prendre des anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS), comme l'Ibuprofène (Motrin, Advil) au début de leurs règles douloureuses: ils sont fort efficaces pour réduire la douleur et les saignements. Si la douleur persiste, voici quelques pistes:
- Les contraceptifs oraux ont la propriété de réduire la production d'oestrogène avant les règles. Les cellules de l'endomètre sont alors moins stimulées. En les prenant régulièrement, on peut espérer un soulagement important.
- Certaines femmes utilisent le stérilet Mirena qui libère, petit à petit, une hormone progestative. Cette hormone a la qualité d'atrophier les cellules de l'endomètre et de saboter ainsi une migration intempestive!
- D'autres patientes auront besoin de chirurgie. Par laparoscopie, le gynécologue peut soit brûler soit exciser les amas de cellules qu'il trouve dans l'abdomen et dans le petit bassin. Plusieurs femmes (60 à 90%) sont soulagées pendant plusieurs années par la suite.
- Des médicaments, comme le Lupron, disponible sur ordonnance, agissent sur l'ovaire de telle façon qu'ils créent une ménopause chimique: c'est parfois la seule solution aux douleurs perpétuelles. Les fameuses chaleurs associées à la ménopause peuvent faire leur apparition, mais c'est un moindre mal en comparaison avec la souffrance qu'elle élimine.
- La vraie fin de l'histoire, c'est l'arrivée de la ménopause (constatée officiellement après une année d'aménorrhée); plus d'ovules, plus de règles, plus d'endomètre! Avec la chute des oestrogènes, les cellules de l'endomètre qui sont fixées à l'extérieur de l'utérus cessent alors de se comporter comme si elles y étaient toujours; c'est ainsi que se termine l'endométriose.
Jeunes femmes, réagissez!
Par les temps qui courent, j'entends souvent des jeunes se prononcer contre les médicaments, y compris les contraceptifs oraux. Les contraceptifs oraux ont plus de 50 ans d'histoire et ils ont plus que donné les preuves de leur innocuité. Quand on sait quel soulagement ils apportent à l'endométriose, on ne peut que les recommander aux adolescentes qui ont des règles douloureuses: 50% d'entre elles souffrent déjà d'endométriose. Réagissez! Essayez les AINS ou les contraceptifs: vous verrez bien.
Le saviez-vous?
Les femmes suivies en clinique d'infertilité subissent des examens détaillés, dont la laparoscopie qui permet de regarder directement à l'intérieur de l'abdomen. On découvre qu'au moins 30% des femmes qui ont du mal à devenir enceinte ont des lésions causées par l'endométriose (9 à 50% selon les études).
Suggestion de lecture
Les menstruations (La santé en question), Dr Martin Winckler, Éditions de l'Homme, 2008.

