Chez les animaux comme chez nous, les humains, la conception est la fusion de deux cellules, les gamètes: l’un femelle (ovule) et l’autre mâle (spermatozoïde), chacun porteur de la moitié du bagage génétique de l’enfant à concevoir.
Combinaison facile à première vue, mais qui ne dit rien du long cheminement pour y arriver. Effectivement, même si votre futur mari habite la porte d'à côté, vos gamètes respectifs auront un sacré bout de chemin à faire avant de se rencontrer. Avant d'avoir la permission de sortir, les gamètes doivent donc faire leurs devoirs de filles ou de garçons. Voyons comment ça se passe du côté des filles.
C'est l'histoire d'un oeuf. Dans le ventre de sa mère, l'embryon de la petite fille développe déjà dans ses ovaires les cellules qui lui permettront, plusieurs années plus tard, de se reproduire.
Ces cellules de filles sont appelées ovocytes, chacun contenu dans un petit sac appelé «follicule». À sa naissance, la petite fille peut posséder jusqu'à deux millions d'ovocytes. Plusieurs d'entre eux vont dégénérer, si bien qu'à sa puberté, il restera à l'adolescente autour de 400 000 ovocytes: c'est dans ce bassin que puiseront ses hormones de femme, à sa puberté, pour élire les futurs ovules aptes à être fécondés. Mais avant la puberté, les ovocytes se tiennent bien tranquilles ou bien ils meurent.
Le follicule de Graaf
Quand vient la puberté, des hormones réveillent chaque mois quelques-uns de ces ovocytes, dont un seul prendra assez de maturité pour devenir un ovule. À chaque mois, le follicule «choisi» deviendra follicule de De Graaf - du nom du médecin hollandais qui a découvert ce phénomène en étudiant des lapines en 1673. Le follicule de De Graaf va ensuite grossir jusqu'à 2 cm de diamètre, pour libérer son ovule, lequel sera attiré par des cils dans la trompe de Fallope - le corridor qui mène à l'utérus - pour se diriger vers son hypothétique rendez-vous avec un gamète mâle. En prévision de la grossesse, une muqueuse (un revêtement) se développe, l'endomètre, et tapisse l'intérieur de la cavité de l'utérus. Ce matériel deviendra alors le placenta (si la fusion a lieu).
Quand le spermatozoïde pose un lapin
Attention: l'ovule n'a alors plus que 24 heures pour trouver un spermatozoïde. Quand ce dernier n'est pas au rendez-vous, l'endomètre se nécrose, se desquame et part par le vagin en entraînant l'ovule. Ce sont les menstruations.
C'est ce qui se produit à chaque cycle ovulatoire de la femme. Cette régularité peut, par contre, prendre de deux à trois ans avant de bien s'installer après la ménarche (début des premières règles). Ce qui explique des menstruations irrégulières et abondantes chez certaines adolescentes. Mais ça, c'est une autre histoire.
Quand la femme arrive à la ménopause, c'est qu'elle a épuisé tous ses follicules. Pendant sa vie fertile, elle aura tout de même connu de 300 à 400 cycles ovulatoires. Que de jolis souvenirs!

