Des traitements étranges

Les XVIe et XVIIe siècles recherchent frénétiquement les causes de ce fléau. L'hypothèse la plus durable en fait une punition divine à l'appétit de luxure du genre humain: sa transmission par contacts sexuels est vite comprise, au point où certains milieux refusent toute aide aux malades pour des raisons morales. Les traitements conseillés sont aussi étranges qu'inefficaces: on conseille par exemple le lavage préventif au vin blanc. Au XVIIIe siècle, trois cents ans après Frascator, la notion de contagion se précise avec la théorie du «virus». Jean Astrac, un pionnier de la microbiologie, ressort la théorie d'un essaim d'animaux très petits, très agiles, très féconds.

Après beaucoup d'essais/erreurs, l'hôpital de Bicêtre, à Paris, instaure dès 1690 un traitement par le mercure qui restera longtemps la principale thérapie contre la syphilis- traitement souvent fatal, car il était administré par la bouche. On observe couramment une transmission du virus de la mère à l'enfant, qui naît handicapé avec la syphilis et qui en meurt deux fois sur trois. La diffusion de la «redingote d'Angleterre» à la fin du XVIIIe a eu certain succès pour endiguer la syphilis: l'usage du condom est toujours préconisé de nos jours dans la prévention des maladies sexuellement transmissibles.

Syphilis: maladie du 19e siècle

Les complications neurologiques de la syphilis, qui surviennent surtout dans sa phase terminale, étaient déjà décrites en 1822. En 1831, Ricard distingue la gonorrhée de la syphilis et décrit bien les trois phases chronologiques de la maladie: primaire, secondaire, tertiaire. La littérature devient abondante sur le sujet avec Baudelaire, Théophile Gauthier et Maupassant, qui ont chacun payé leur tribut à la maladie.