Au XIXe siècle, La syphilis est reconnue comme un fléau social, au même titre que la tuberculose et l'alcoolisme avec les lois et des croisades de prévention qui découlent de ce statut. Le Dr Alfred Fournier devient en 1879, le premier titulaire d'une chaire de «dermato-syphiligraphie».
La chasse aux bactéries vénériennes est ouverte en 1879 avec la découverte du gonocoque par Neisser; il faut attendre 1905 que l'Allemand Siegel découvre le spirochète («fil entortillé») de la syphilis, qu'il nomme «Treponema Pallidum». En 1906, on commence à utiliser le test «Bordet-Wassermann» comme moyen de diagnostic, et les arsénobenzènes et le bismuth comme traitements. Beaucoup de publications sont aussi faites sur la syphilis héréditaire des nouveaux nés.
Syphilis: guerre et victoire au vingtième siècle
La Grande Guerre de 1914-1918, avec les immenses mouvements de population qu'elle a provoqués, a donné une forte impulsion à la propagation de la syphilis. Les forces de la lutte antivénérienne ayant fait suite à la guerre aux fritz étaient surtout centrées à l'hôpital St-Louis de Paris. D'après nos connaissances, 10% des Français étaient syphilitiques en 1925 et 20 000 enfants en mouraient chaque année. On a cessé de mourir de la syphilis après la découverte de la pénicilline par Alexander Fleming en 1928. La fabrication industrielle de ce premier antibiotique a commencé en 1941. Son usage provoqua une baisse rapide de la syphilis, dont l'incidence chuta de 90% en 5 ans. Son efficacité persiste aujourd'hui et en cas d'allergie à la pénicilline, il existe d'autres médicaments. Certains ont suggéré que la victoire de la pénicilline sur la syphilis a peut-être ouvert la voie à l'épidémie du sida. On a cru, à tort, que l'antibiotique aurait raison de tout, et on a baissé la garde. À chaque époque, son fléau!

