Il y a 100 ans, les nourrissons recevaient un seul vaccin: contre la variole. Il y a 40 ans les enfants recevaient en routine 6 vaccins (diphtérie, coqueluche, tétanos, poliomyélite, variole et BCG). Aujourd'hui, les nourrissons en reçoivent en moyenne 10. Il est admis que l'augmentation de ces vaccins et l'augmentation du nombre d'enfants vaccinés ont permis d'obtenir une diminution spectaculaire de la morbidité et de la mortalité dues à certaines maladies invasives, désormais évitables.

Mon enfant est-il trop jeune pour être vacciné? 

La réponse judicieuse à cette question posée de plus en plus fréquemment par les parents repose sur nos connaissances du système immunitaire du nouveau-né et du nourrisson.

Le nouveau-né et le jeune nourrisson sont protégés contre certaines maladies infectieuses par la présence des anticorps maternels (IgG) qui ont traversé le placenta avant la naissance. L'allaitement maternel permet de plus, après la naissance, l'apport d'immunoglobulines A.

Cependant, ces anticorps acquis passivement permettent une protection du bébé à la seule condition que la mère ait été immunisée contre ces antigènes, autrement dit qu'elle ait elle-même été vaccinée ou qu'elle ait un jour eu la maladie en question. Également, la durée de vie de ces anticorps est limitée puisqu'ils disparaissent au cours des premiers mois de vie. Par ailleurs, l'allaitement maternel ne dure au mieux que quelques mois. Enfin, et ceci est un argument majeur, ces anticorps maternels offrent souvent une protection moindre comparativement aux anticorps acquis «activement», après immunisation. L'un des exemples les plus connus reste celui de la coqueluche où des anticorps maternels sont présents chez le tout jeune nourrisson, mais ne lui offrent aucune protection contre la maladie.

La capacité de réponse antigénique débute avant la naissance. Les lymphocytes B et T sont présents dès la 14ème semaine de vie embryonnaire. Le nouveau-né possède dès la naissance les capacités de réponses immunitaires humorales (IgG, IgM) mais également cellulaires (réponses T-helper et T-cytotoxiques). En effet, l'existence même de ce système immunitaire présent dès la naissance est une condition nécessaire pour passer d'un environnement quasi stérile, dans lequel le bébé a baigné durant la vie utérine, à un monde peuplé de bactéries: depuis la filière génitale jusqu'à l'environnement de la salle de naissance. Après quelques heures, son tube digestif jusqu'alors stérile se remplit d'une multitude de composants antigéniques, par exemple Escherichia coli et des streptocoques, des bactéries anaérobies telles que Clostridium et/ou Bacteroïdes.

Ce système immunitaire est fonctionnel. La vaccination contre l'hépatite B, dès la naissance, des enfants dont la mère est porteuse chronique de l'antigène HBS est efficace non seulement en terme de production d'anticorps, mais également cliniquement, en prévenant la cirrhose et le développement de cancers du foie.

Le nourrisson, quant à lui, possède la faculté de répondre à ces antigènes administrés simultanément, et plus de 90% des nourrissons ont développé des anticorps contre les différentes valences vaccinales qui ont été administrées entre 2 et 6 mois, leur conférant ainsi une protection.

En conclusion, le jeune nourrisson a un système immunitaire lui permettant de répondre efficacement à une stimulation vaccinale.

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