Modifier ses habitudes de vie et d'alimentation, contrôler son stress, autant de stratégies qui s'avèrent souvent capables de contrôler la grande majorité des symptômes du syndrome de l'intestin irritable (SII) chez la plupart des patients.

Des aliments en cause dans le SII?

Condition de l'appareil digestif, le SII est souvent influencé par des habitudes alimentaires.  Dans certains cas, une diététiste peut donner des conseils déterminants. Par exemple, l'ingestion des gras (qui ralentissent la digestion et sensibilisent l'intestin), la consommation de fibres (utiles, mais en quantité raisonnable) ainsi que celle des aliments fermentescibles (qui favorisent donc les gaz et le ballonnement) sont habituellement à revoir. Il est certain que les aliments fermentescibles comme les légumineuses et les fruits confits risquent de créer une distension des intestins qui sera mal tolérée chez le sujet hypersensible davantage que chez le sujet normal. De la même façon, les symptômes de l'intolérance au lactose pourront être ressentis avec plus de violence chez le patient hypersensible. D'où l'importance d'optimaliser notre régime alimentaire pour éviter d'agresser les intestins trop sensibles.

Souvent, cependant, ce n'est pas un aliment spécifique qui est en cause, mais la sensibilité particulière de l'intestin qui est incapable de tolérer des aliments à première vue inoffensifs: un jour, l'intestin peut bien décider de refuser le poulet qu'il avait pourtant bien digéré la veille!

La psychothérapie au secours des intestins

Chez de nombreuses personnes, le stress et l'inconfort psychologique ont souvent un effet direct sur le tube digestif. Le comédien a des papillons dans l'estomac avant d'entrer en scène; la personne terrorisée sentira son tube digestif remué par des vomissements et des diarrhées tout en éprouvant des palpitations cardiaques et des sueurs froides; le voyageur aux prises avec des changements d'habitude de vie éprouvera fréquemment de la constipation, etc.

Des intestins hypersensibles pourront évidemment ressentir plus violemment les mouvements intestinaux liés au stress. Tout comme la diététique cherche à minimiser l'impact alimentaire, la prise en charge psychologique pourra s'avérer utile pour prévenir les troubles intestinaux liés au stress.

De nombreuses approches psychothérapeutiques (relaxation, hypnose, thérapie béhaviorale, thérapie interpersonnelle, relation d'aide, psychanalyse, etc.) se sont avérées capables d'atténuer le SII. On ne croit pas qu'il existe une seule méthode spécifiquement efficace, mais qu'une combinaison de facteurs qui incluent la collaboration et l'acceptation du patient face à sa thérapie seront déterminants dans la réponse à la prise en charge psychothérapeutique. Le bain d'algues, si relaxant pour certains, peut au contraire être exaspérant pour d'autres qui, eux, trouveront peut-être leur relaxation dans la boxe! La meilleure thérapie sera difficilement efficace si le thérapeute est perçu comme un ennemi. Le courage, dit-on, n'est pas l'absence de peur, mais bien la volonté de la surmonter... La peur: encore un facteur aggravant pour les intestins! 

Parmi les conditions psychologiques qui favorisent un tractus gastro-intestinal harmonieux, on peut aussi suggérer l'activité physique, qui, chez certaines gens, aidera à remettre bien des bobos à plat lorsqu'elle est pratiquée de manière régulière.