Lors d’une échographie obstétricale, la radiologue qui parcourt le ventre de la future maman a aussi l’œil sur le couple. Et si on écoutait son cœur?
Après 32 ans dans la peau d'une professionnelle de la santé, j'ai été davantage étonnée par la nature humaine que par la technologie nouvelle, pourtant de plus en plus performante. Oui, c'est plutôt la nature humaine qui m'a étonnée.
Avec ce qu'elle a de déconcertant, mais aussi d' attachant.
Je côtoie des couples en attente d'un enfant; courts instants privés et privilégiés que je partage avec ces futurs parents. Pendant toutes ces années, ces moments m'ont révélé des facettes de la nature humaine qu'on ne croirait trouver qu'au cinéma ou au théâtre. À quelques différences près: l'entrée est gratuite et les scénarios, heureusement ou malheureusement, se répètent.
Classification des espèces: les couples
«On ne nait pas parent, on le devient»
Chaque fois qu'entre un couple dans ma salle d'examen, je sais que le spectacle humain va commencer: en 15 minutes, sans rappel ni applaudissement, j'aurai un nouveau spécimen à classer dans ma petite collection personnelle. Croyez-moi, il n'y a aucun jugement là-dedans, simplement une façon de mieux construire mon acte professionnel dans le trop court passage d'information entre l'échographiste et les parents en devenir.
Mon système de repérage maison compte neuf grandes familles de couples, et je vous jure que l'immense majorité des humains qui ont défilé dans ma salle trouvent leur place dans l'une ou l'autre de ces «familles».
Les couples «fusion»
Il y a le couple «fusion» qui ne se quitte pas des yeux, qui se prend les mains, qui répond en choeur à toutes les questions comme si la maternité était partagée. Le «nous» est partout, ce qui me met un peu mal à l'aise, ne sachant plus, entre la mère et le père, laquelle est enceinte et lequel est géniteur. À les voir aller, il est facile de croire que les contractions seront partagées et que les deux accoucheront d'un beau bébé.

