Les enfants nés de mères qui ont souffert de diabète de grossesse courent deux fois plus de risques d'éprouver des problèmes de développement du langage, selon une étude dirigée par la professeure Ginette Dionne, de l'École de psychologie de l'Université Laval et publiée dans le numéro de novembre 2008 (volume 122, numéro 5) de la revue scientifique Pediatrics.

L'étude a été menée auprès de 1835 enfants nés au Québec entre octobre 1997 et juillet 1998, et sur 998 jumeaux nés entre novembre 1995 et juillet 1998. Les mères de 221 de ces enfants ont souffert de diabète de grossesse. Les chercheurs ont comparé le vocabulaire et la grammaire de ces enfants à ceux de 2612 enfants d'un groupe témoin.

Moins bons en vocabulaire et en grammaire

Les résultats indiquent que les enfants nés de mères qui ont souffert de diabète de grossesse obtiennent de moins bons résultats aux tests de vocabulaire et de grammaire que les enfants de mères bien portantes. L'écart persiste jusqu'à l'âge de sept ans. Selon les auteurs, les différences s'expliqueraient par l'exposition du cerveau du foetus à des taux élevés ou fluctuants de glucose, une forme de sucre, pendant la grossesse.

Cette étude est la première à isoler l'effet du diabète gestationnel de celui d'autres facteurs, incluant le statut socioéconomique de la famille, la consommation d'alcool et de tabac ainsi que l'hypertension de la mère pendant la grossesse.