Les changements climatiques et les catastrophes naturelles qui les accompagnent sont néfastes pour les femmes enceintes, puisque le fœtus serait extrêmement vulnérable au changement d’environnement et au stress ressenti par la mère.
Ouragans, inondations et tempêtes de verglas ont des effets sur la santé mentale des femmes enceintes, et cela a des répercussions sur leur enfant à naître. Ces conclusions font suite à une conférence de trois jours qui s'est tenue à la fin du mois de janvier à l'Institut universitaire en santé mentale Douglas.
Les experts présents ont affirmé que le stress chez les mères occasionné par le fait de vivre l'un de ces cataclysmes pouvait entraîner des conséquences extrêmement graves sur le développement et le bien-être à long terme de leur enfant.
Les effets de la crise de verglas
La Dre Suzanne King, directrice de la recherche psychosociale à l'Institut Douglas, a démontré que les enfants nés de mères ayant vécu un stress intense lors de la tempête de verglas de 1998 avaient obtenu une note de QI (quotient intellectuel) moins élevée et des performances linguistiques plus faibles que ceux dont les mères avaient subi moins de stress. Selon ses recherches, des structures cérébrales particulières pourraient être vulnérables au stress maternel à un stade précoce de la grossesse.
La Dre King précise que le stress de toute sorte est fréquent pendant une grossesse, mais que contrairement à un deuil ou à une perte d'emploi, les catastrophes naturelles ne présentent pas de signes avant-coureurs. Ces phénomènes totalement imprévisibles génèrent donc un stress plus intense. Un bouleversement imprévu agit sur l'hippocampe, qui est responsable de la régulation du stress en contenant le flot de molécules lié au stress quand la menace disparaît. Les molécules de stress qui n'ont pas été endiguées «font l'effet de toxines» chez le bébé, explique la psychiatre.
La prochaine étape des recherches visera à déterminer si l'hippocampe des fœtus est affecté. Cette région du cerveau sera étudiée, par imagerie médicale, chez 60 enfants nés avant le verglas et chez 60 bébés du verglas. La Dre King collabore aussi avec un chercheur de l'Iowa. Ils effectuent un suivi auprès des enfants dont la mère a été touchée par les inondations survenues en juin dernier dans cet État afin d'isoler les effets dus à cet événement de ceux qui pourraient être génétiques.

