« Nous estimons que les deux tiers, même les trois quarts des fausses couches relèvent d'une anomalie génétique ou chromosomique, précise le Dr André Masse, du département d'obstétrique-gynécologie de l'hôpital Saint-Luc à Montréal. Dans de tels cas, il n'y a rien à faire: le processus suit son cours. Malgré une meilleure connaissance scientifique et un dépistage plus précoce qu'avant, nous sommes souvent impuissants devant ce phénomène naturel. En fait, nous parvenons à identifier les causes précises des épisodes répétés de fausses couches dans environ seulement 10 % des cas. »

La plupart surviennent avant la douzième semaine de grossesse, mais il peut y en avoir jusqu'aux alentours de la vingtième semaine. La fausse couche dite précoce découle souvent d'une malformation du f¿tus, d'une grossesse ectopique ou de problèmes hormonaux. « Certains spécialistes recommandent la prise de suppléments hormonaux, signale le Dr Masse. Mais cette pratique demeure encore controversée puisqu'il n'y a pas de preuve scientifique qu'elle fonctionne. Il peut simplement s'agir d'un effet placebo: la femme est rassurée d'avoir tenté quelque chose pour corriger la situation. »