Contrairement aux femmes, qui bien souvent se sentent mères dès le début de la grossesse, nombreux sont les hommes qui admettent ne s'être sentis réellement pères que le jour où ils ont tenu leur enfant dans leurs bras.

Si on a souvent l'impression que les femmes sont davantage pressées que les hommes d'avoir un enfant, ce serait surtout lié à leur horloge biologique. «La grande différence, c'est que les hommes peuvent toujours procréer. Contrairement aux femmes, ils ont encore la possibilité de devenir pères à 50 ans», souligne la psychologue Marie-Pierre Milcent.

Désir d'enfant contre pression sociale
Il n'y aurait donc pas de moment idéal pour avoir un enfant dans la vie d'un homme, l'élément clé étant de se sentir prêt à devenir père. «Les hommes qui vivent le mieux le fait de devenir papa sont ceux qui sont prêts à renoncer à certaines choses et à assumer les responsabilités que ça amène. Le désir d'avoir un enfant doit être présent chez le couple, et pas seulement chez l'un des partenaires», note la psychologue.

Avec cette idée en tête, la psychologue Lysanne Gauthier a mis au point un questionnaire mesurant la motivation de procréer. Les différences ressorties entre les hommes et les femmes ne sont pas énormes, mais elles existent. Ainsi, il semble que les hommes possèdent des motivations plus extrinsèques. «Certains hommes, par exemple, s'imposeraient plus de pression pour avoir un bébé et ressentiraient plus de culpabilité à dire qu'ils ne sont pas prêts. Certains pourraient décider d'avoir un enfant pour ne pas décevoir les attentes de leur partenaire», observe la psychologue.

Bien des hommes d'aujourd'hui ont reçu comme modèle une mère à la maison et un père qui travaillait pour faire vivre sa famille. Devant une société qui prône désormais l'engagement paternel, certains se retrouvent sans repères. «Les pères d'aujourd'hui savent qu'il est important pour le développement de leur enfant qu'ils soient présents, mais en même temps, ce n'est pas le modèle qu'ils ont eu. Plusieurs vont ressentir une certaine pression», observe Marie-Pierre Milcent.