Le volume des naissances au Québec était en hausse pour la cinquième année consécutive en 2008. Avec 84 200 naissances enregistrées en 2007, le personnel médical – médecins et infirmières – qui assure le suivi des grossesses et les accouchements est incapable de répondre à la demande.
La pénurie de médecins ne fait qu'accroître le problème. La Société des obstétriciens et gynécologues du Canada (SOGC) publiait d'ailleurs, le 4 décembre 2008, les résultats d'une nouvelle recherche indiquant que le nombre d'obstétriciens-gynécologues est insuffisant pour répondre aux besoins en matière d'obstétrique au Canada et que cette situation s'aggravera considérablement au cours des cinq prochaines années. «Il est de plus en plus difficile pour les femmes de trouver un médecin ou une sage-femme afin d'avoir un suivi de grossesse très tôt», explique le Dr André Lalonde, vice-président administratif de la SOGC.
Accoucher sans suivi
«On voit souvent, dans nos bureaux, des femmes dont la grossesse est très avancées qui n'ont pas réussi à obtenir un premier rendez-vous plus tôt, déplore la Dre Corinne Leclercq, présidente de l'Association des obstétriciens et gynécologues du Québec (AOGQ). Elles sont déjà à la moitié de leur parcours et n'ont pas encore eu d'échographie.» Dans des cas beaucoup plus rares, il arrive même que des femmes se rendent à l'hôpital pour accoucher sans avoir eu de suivi. «Jusqu'à cette hausse des naissances, nous répondions assez bien à la demande, mentionne la Dre Sylvie Berthiaume, présidente par intérim de l'Association des omnipraticiens en périnatalité du Québec (AOPQ). Depuis deux ans, nous absorbons difficilement la hausse des naissances, car le nombre de médecins n'a pas augmenté.»

