Dépistage du cancer colorectal
Le dépistage du cancer colorectal consiste à vérifier la présence du cancer lors de l'examen médical de routine, avant l'apparition de tout symptôme.
Plus le cancer colorectal est dépisté rapidement, meilleures sont les chances de guérison. Le traitement est d'autant plus efficace si la maladie ne s'est pas propagée à l'extérieur du côlon.
Personnes à risque moyen
La Société canadienne du cancer recommande aux hommes et aux femmes de plus de 50 ans de passer un test de recherche de sang occulte dans les selles au moins tous les 2 ans. Ce test permet de détecter la présence de polypes avant que ceux-ci ne deviennent cancéreux.
Tout résultat positif (confirmant la présence de sang dans les selles) pourrait être suivi d'une coloscopie, d'un lavement baryté en double contraste (sorte de radiographie du gros intestin) et d'une sigmoïdoscopie.
Personnes à risque élevé
Les personnes qui sont plus susceptibles d'avoir un cancer colorectal que la moyenne des gens ont intérêt à discuter d'un programme de surveillance individuel avec leur médecin. Les personnes qui courent davantage de risques sont celles :
- dont un parent au premier degré (parent, frère ou soeur, enfant) a déjà été atteint d'un cancer colorectal;
- qui ont des antécédents personnels de la maladie;
- qui sont atteintes d'affections intestinales inflammatoires ou de la maladie de Crohn;
- qui sont atteintes de certains syndromes héréditaires, comme la polypose adénomateuse familiale, ou de cancer colique héréditaire sans polypose;
- qui présentent des polypes bénins au côlon ou au rectum.
Programme de dépistage
Tout programme de dépistage du cancer colorectal devrait faire en sorte que :
- les gens soient informés des avantages et inconvénients liés au dépistage; les conséquences de résultats positifs soient expliquées;
- les personnes chez qui les tests confirment la présence de sang occulte dans les selles passent rapidement d'autres épreuves diagnostiques;
- l'on crée une base de données permettant d'aviser les personnes à risque qui devraient passer des tests de même que leurs médecins, d'analyser les résultats du programme de dépistage et de les diffuser;
- les techniques les plus efficaces soient mises à contribution.
Selon la Société, les données scientifiques sont suffisamment probantes pour conclure qu'il serait possible de réduire de beaucoup le taux de mortalité lié au cancer du côlon et du rectum si des mesures de dépistage étaient déployées auprès de l'ensemble de la population canadienne.
Test de dépistage du cancer colorectal
1. Recherche de sang occulte dans les selles : ce test permet de détecter la présence de sang qu'il serait impossible de voir à l'oeil nu dans les selles. La personne doit recueillir trois échantillons de selles différents, à la maison, puis les remettre à un laboratoire aux fins d'analyse. La présence de sang n'est pas nécessairement un symptôme de cancer; elle peut résulter d'un autre problème de santé. Si l'analyse révèle des traces de sang, on procédera alors à d'autres tests afin de vérifier si le cancer est en cause.
2. Les trousses vendues en pharmacie ne sont pas aussi fiables que les tests en laboratoire. Si vous croyez qu'il y a du sang dans vos selles, demandez à votre médecin de faire un test qui sera analysé en laboratoire.
3. Sigmoïdoscopie : cette méthode permet au médecin d'examiner la paroi du rectum et la partie inférieure du côlon, et d'en retirer les excroissances (polypes). La sigmoïdoscopie flexible consiste à insérer un tube souple et perméable dans le rectum et la partie inférieure du côlon; l'examen peut se faire dans le bureau du médecin ou à la clinique.
4. Coloscopie : il s'agit d'une technique permettant d'examiner la paroi du côlon sur toute sa longueur, au-delà du rectum et de la partie inférieure du côlon. Le médecin insère un tube souple muni d'une lumière (endoscope) par le rectum. Au cours de cet examen, il peut effectuer une biopsie ou retirer des polypes.
5. Lavement baryté en double contraste : il s'agit d'une radiographie du gros intestin rempli d'une solution barytée pour vérifier la présence de polypes. Ce test ne permet pas de faire de biopsie.
6. Toucher rectal : au cours de ce test, le médecin insère un doigt ganté dans la cavité rectale afin de détecter les anomalies. Ce test ne permet pas non plus d'effectuer de biopsie.
Risques associés aux tests de dépistage
Avant de se prêter à un test de dépistage du cancer colorectal, il est important de discuter avec son médecin des avantages et inconvénients liés au test.
Le dépistage du cancer colorectal auprès d'une population en santé pose peu de risques. En lui-même, le test de recherche de sang occulte dans les selles est, à toutes fins utiles, totalement sans danger sur le plan physique. Toutefois, ce test ne pouvant déterminer si le saignement est dû à une lésion cancéreuse ou non, tout résultat positif doit être suivi d'une autre épreuve diagnostique comme la coloscopie, la sigmoïdoscopie flexible ou le lavement baryté en double contraste. Ces tests sont assortis d'un risque accru : la sigmoïdoscopie peut provoquer des perforations à l'intestin (1 à 2 cas sur 10 000 tests), de la douleur, de l'anxiété, des saignements ou des gaz. La coloscopie peut aussi entraîner des perforations (moins de 20 cas sur 10 000 tests) ou des saignements (moins de 3 %).
Réduisez votre risque personnel de cancer
Réduire son risque personnel de cancer, c'est agir concrètement de manière à prévenir l'apparition de la maladie. Votre style de vie de même que votre environnement de vie ou de travail peuvent avoir un effet positif ou négatif sur ce risque. Il faut toutefois savoir que même une personne « à faible risque » peut éventuellement avoir un cancer, tout comme une personne « à risque élevé » n'en sera jamais atteinte.
Un risque faible ne signifie pas que vous n'aurez jamais le cancer, mais qu'il est peu probable que vous en soyez atteint. Un risque élevé signifie que les probabilités de développer un cancer sont plus grandes mais pas absolues.
Le cancer n'est pas attribuable à une seule cause, mais certains facteurs pourraient accroître le risque qu'une personne en soit atteinte. C'est ce que l'on appelle des facteurs de risque. Certains facteurs de risque sont impossibles à modifier, par exemple :
- l'âge;
- les antécédents familiaux de cancer (hérédité).
Certains facteurs de risque sont liés à des habitudes quotidiennes que vous pouvez changer. Par exemple, vous pouvez faire les choix suivants :
- Ne pas fumer et éviter la fumée du tabac;
- Adopter un régime alimentaire sain;
- Faire de l'activité physique tous les jours;
- Maintenir un poids santé;
- Limiter votre consommation d'alcool;
- Réduire votre exposition aux rayons ultraviolets (UV) du soleil ou des appareils de bronzage artificiel, par exemple les lits de bronzage;
- Bien connaître votre corps et signaler tout changement à votre médecin ou à votre dentiste;
- Suivre les règles de santé et de sécurité lorsque vous utilisez des produits dangereux à la maison ou au travail.
Pourquoi devrais-je cesser de fumer?
Le tabagisme peut également accroître le risque de cancer de la vessie, du col de l'utérus, du côlon et rectum, de l'¿sophage, du rein, du larynx, de la cavité buccale/gorge, du pancréas, de l'estomac et certaines tumeurs ovariennes.
Renoncer au tabac pour être en meilleure santé
Tous les types de fumeurs - hommes et femmes, jeunes et moins jeunes - peuvent tirer avantage de l'abandon du tabagisme. Dès que vous cessez de fumer, votre organisme commence à se débarrasser des substances toxiques que contient le tabac. Voici comment :
- En moins de huit heures, le niveau de monoxyde de carbone dans le corps diminue et la concentration sanguine d'oxygène augmente.
- Après deux jours seulement, les sens de l'odorat et du goût commencent à revenir à la normale.
- En deux semaines à trois mois, la capacité pulmonaire s'améliore et la respiration est plus facile.
- Après six mois, on note une amélioration des symptômes tels que la toux, la congestion des sinus, la fatigue et l'essoufflement.
- Après la première année, le risque de crise cardiaque liée au tabagisme est réduit de moitié.

