Il n'existe aucun moyen de guérir la polymyosite et la dermatomyosite. Le traitement vise à soulager les symptômes.

Médicaments
Cortisone

La cortisone est une hormone stéroïdienne produite naturellement par l'organisme. Elle soulage l'inflammation et l'enflure et peut exercer une action sur le système immunitaire. Les corticostéroïdes sont des médicaments fabriqués en laboratoire et ressemblent de près à la cortisone.

La forme la plus commune de corticostéroïde est la prednisone, prise sous forme de comprimé. L'utilisation de la prednisone doit faire l'objet d'une surveillance étroite à cause de ses nombreux effets secondaires et du fait qu'il ne faut jamais cesser brusquement le traitement. Les effets secondaires à long terme de ces médicaments comprennent notamment les cataractes, l'hypertension, des troubles du sommeil, une perte de masse musculaire, des ecchymoses, une diminution de la densité osseuse (ostéoporose), un gain de poids et un risque accru d'infections. On s'efforce toujours, comme on le fait pour tout autre médicament, de prescrire la plus faible dose possible pour réduire au minimum les effets secondaires.

Agents anti-rhumatismaux à action lente (ARAL)

Les ARAL s'attaquent au processus biologique à l'origine des symptômes, mais ne guérissent pas les lésions articulaires installées. Le rôle des ARAL est de ralentir l'évolution de la maladie. Les ARAL les plus fréquemment utilisés sont les sels d'or, le méthotrexate, la sulfasalazine, l'hydroxychloroquine, la chloroquine et l'azathioprine. Les médicaments de cette catégorie sont prescrits en plus d'autres médicaments. Il faut d'habitude quelques mois (de deux à six mois) pour obtenir un soulagement de l'inflammation. Les effets secondaires comprennent des ulcérations de la bouche, la diarrhée et la nausée. D'autres effets secondaires plus graves, qu'on surveille à l'aide d'analyses de sang et d'urine, comprennent notamment des lésions hépatiques (au foie) et une baisse importante de la numération des globules blancs (ce qui augmente le risque de contracter certaines infections) et de la numération plaquettaire (qui affecte la coagulation sanguine).

Gamma-globuline

Chez les enfants, ainsi que chez certains adultes gravement atteints, l'infusion intraveineuse de gammaglobuline donne de bons résultats dans le traitement de la polymyosite et de la dermatomyosite. Ce produit est fait de protéines de sang humain.

Exercice

On recommande généralement le repos en période de maladie évolutive et d'attendre que les symptômes soient maîtrisés avant de faire de l'exercice pour éviter la perte de tonus musculaire. Comme toujours, consultez votre médecin avant d'entreprendre un programme d'exercice. Il vous enverra peut-être voir un physiothérapeute, qui vous aidera à choisir les exercices susceptibles d'être bénéfiques et ceux qui risquent de vous nuire. Si votre respiration est entravée, votre thérapeute peut vous enseigner des exercices de rééducation respiratoires.

Le secret est de trouver le juste milieu entre trop d'activités (ce qui risque de forcer les muscles endoloris) et pas suffisamment d'activités (ce qui peut accroître la douleur et la raideur et aboutir à une plus grande faiblesse musculaire).

Il existe trois types d'exercices :

  • Les exercices d'amplitude de mouvement visent à soulager la raideur et à maintenir le mouvement de vos articulations. Un exercice d'amplitude de mouvement pour l'épaule consisterait à tracer un grand cercle avec le bras.
  • Les exercices de renforcement contribuent à maintenir ou à accroître la force musculaire.
  • Les exercices d'endurance renforcent le coeur, donnent de l'énergie et sont un moyen de contrôler votre poids. La marche, la natation et le cyclisme, entre autres, font partie de cette catégorie.

Si vous faites de l'exercice à l'extérieur, il faudra utiliser un écran solaire. Si vous êtes atteint de dermatomyosite, l'exposition au soleil peut aggraver l'éruption cutanée.

Pronostic

En général, les personnes atteintes de polymyosite et de dermatomyosite réagissent bien au traitement. Certaines n'ont qu'une seule attaque et peuvent cesser de prendre les médicaments au bout d'environ un an. D'autres, par contre, ont des rechutes ou des périodes évolutives fréquentes, que les médicaments permettent également de soulager. En général, ces personnes prennent régulièrement des doses faibles de médicament pour maîtriser la maladie. Bien que cela soit plus rare, la phase évolutive peut devenir chronique et, chez certaines personnes, des traitements aux immunosuppresseurs s'imposent. Des infections, telles que la pneumonie, peuvent aggraver les symptômes.

Un diagnostic et traitement précoces, le traitement rapide des infections et un suivi attentif du traitement médicamenteux peuvent réduire considérablement les complications et améliorer le pronostic.