C'est un médecin suédois, Magnus Huss, qui a le premier utilisé le terme alcoolisme pour résumer «l'ensemble des symptômes pathologiques qui accompagnent l'abus d'alcool» dans un ouvrage intitulé «Alcoholismus chronicus» traduit en allemand en 1852. Au fil des siècles, la définition de l'alcoolisme a beaucoup varié. On sait que la maladie a des conséquences physiques, familiales et sociales importantes. C'est pourquoi la compréhension de ses mécanismes continue de faire l'objet de recherches dans la plupart des pays industrialisés afin d'en améliorer le traitement.

Définition

En 1992, le National Council on Alcoholism and Drug Dependence et l'American Society of Addiction Medicine publiaient cette définition: «l'alcoolisme est une maladie primaire et chronique dont les composantes génétiques, psychosociales et environnementales déterminent le développement et les manifestations. La maladie est souvent progressive et fatale. Elle est caractérisée par la perte de contrôle sur la consommation d'alcool, une préoccupation constante pour tout ce qui touche l'alcool, un usage d'alcool immodéré malgré les conséquences néfastes de son utilisation et une distorsion de la pensée, qui porte habituellement la personne alcoolique à nier son problème.»

Cette définition touche la plupart des aspects de l'alcoolisme et renforce le concept de «maladie». L'alcoolisme présente en effet certaines caractéristiques que l'on retrouve dans d'autres maladies chroniques: on peut en décrire clairement les symptômes, sa progression est prévisible même à un stade peu avancé, la perte de contrôle face à l'alcool n'est pas le symptôme d'une autre maladie, l'alcoolisme peut être traité mais ne se guérit pas. En l'absence de traitement, la maladie est habituellement fatale, l'alcool étant la cause directe ou indirecte de mortalité chez la plupart des alcooliques.