On cause trop peu de la chose, peut-être parce qu'elle a sa part d'étrangeté et que la découverte de poils chez un communiant peut s'avérer assez perturbante pour le bedeau. Le phénomène apparaît plutôt chez les filles, mais on le retrouve en fait chez les deux sexes. On parle de précocité avant l'âge de 8 ans chez les fillettes, mais on peut également parler de pubarche prématurée quand les poils pubiens apparaissent avant l'âge de neuf ans chez le garçon.

Une maman consternée par l'immaturité de sa petite me disait l'autre jour trouver absurde de la voir autant vieillir du corps et si peu de l'esprit. Le phénomène naturel n'est pourtant qu'une variante de la normale. Chez certains enfants, les androgènes, ces hormones qui fabriquent les poils, sont produits de façon plus précoce, c'est tout. Retenez que la physiologie n'est pas rationnelle, ce n'est pas un cerveau. Elle a sa propre programmation, ses propres fondements. Elle prend donc ses libertés. On repassera pour l'immaturité...

D'autres signes pubertaires?

Pour le médecin consulté, il est important de s'assurer que les poils pubiens et axillaires sont bien les seuls signes qui soient en avance; qu'il n'y ait pas, à l'examen physique, de développement des seins ou d'autres signes pubertaires, comme une transpiration excessive ou une accélération de croissance sur la courbe de poids et de taille. Des analyses de labo permettent aussi de valider la présence de déhydroépiandrostérone (DHA) élevée pour l'âge. Tant que le niveau des autres hormones androgéniques, comme la testostérone, n'augmente pas, la présence de DHA est très rassurante et explique à elle seule l'apparition des poils. Ce n'est que le naturel qui revient au galop et qui galope, c'est le cas de le dire.