La grande victime, c'est le pied

Oui, c'est bien lui la grande victime des talons hauts et des pointes fines, une mode qui n'en finit plus de nous casser les pieds. Le dos et les genoux, passe encore pour de nombreux adeptes épargnés. Par contre, le talon haut est souvent l'auteur de ces aimables décorations que sont le durillon, le cor et l'oeil-de-perdrix. De jolis noms pour des déformations assez peu sexy, dont sont responsables les chaussures mal ajustées ou inappropriées à la marche. À ce chapitre de la santé des pieds, le Collège québécois des médecins de famille (CQMF) a même pris la peine d'informer ses membres des dangers potentiels des talons hauts et du nombre de consultations qui pourraient s'en suivre.

Talons qui font joli ou qui ne font pas mal?

Alors pourquoi les femmes mettent-elles leur santé en jeu en s'obstinant à porter des talons hauts? De tout temps, les pieds, et par le fait même les souliers, ont été liés à l'érotisme. Casanova, séducteur par excellence du XVIIIe siècle, avait même souligné que les pieds, tout comme les yeux, étaient des organes déterminants de la beauté.

Juchée sur des talons hauts, la femme se cabre, ce qui la rendrait plus séduisante selon des critères tenaces de beauté. Une femme en talons hauts adopte également une démarche bien différente que si elle chausse des souliers plats. Ses hanches se balancent de façon plus prononcée, augmentant ainsi, pour plusieurs, son aura sexuelle. Les Russes, qui ont le goût de la fête depuis qu'on a déboulonné Marx et Lénine, ont même érigé la course en talons hauts en sport populaire, qui ne requiert ni dopage ni changement de sexe.