La société actuelle est axée sur la performance: elle peut représenter des défis fantastiques pour un jeune et être incroyablement motivante pour le dépassement de soi ou, malheureusement, représenter des obstacles quasi insurmontables. Un dysfonctionnement affectif important peut ainsi passer inaperçu aux yeux de l'entourage et avoir des conséquences dramatiques.

Le jeune peut être malheureux, ne plus trouver sa voie, vivre une grande détresse, se sentir dans une impasse, paralysé et, ultimement, poser un geste de suicide. Or, il n'y a pas pire épreuve pour les parents que le suicide de leur enfant...

L'amour qui ne sauve pas la vie

On entend souvent les frères et soeurs de jeunes décédés par suicide nous dire qu'ils vivent dans une famille normale, avec ses forces et ses faiblesses, que leurs parents sont de bons parents et qu'ils ne peuvent comprendre ce qui a poussé leur frère ou leur soeur à poser ce geste irréversible. 

Ce serait pourtant si soulageant de pouvoir leur donner une explication toute simple: on saurait exactement ce qui se passe et quoi faire pour éviter que le prochain jeune se mette lui-même en danger. Comment se fait-il qu'un jeune, aimé, entouré et choyé par sa famille puisse se retrouver pris dans un processus suicidaire

Les parents d'aujourd'hui sont pourtant conscients des besoins des enfants: être aimé, protégé, nourri et logé, pouvoir développer une bonne estime de soi et aimer en retour. Même dans les pires situations de négligence, combien d'enfants pris en charge par la Direction de la protection de la jeunesse sont aimés par leurs parents, même s'ils ne peuvent en prendre soin. Ils sont mal aimés...

Pourquoi vouloir mourir: pas nécessairement par manque d'amour...