Une forte pression sur la jeunesse
Les deux tiers des jeunes patients de passage à la clinique de médecine de l'adolescence du CHU sont touchés par des maladies sociales, c'est-à -dire qu'ils sont aux pris avec des problèmes de santé liés au stress, à la toxicomanie, à la maltraitance, ou à des troubles alimentaires. « Je crois que notre monde productif en demande beaucoup aux gens. Les jeunes n'y échappent pas. La pression est très forte pour réussir, à l'école autant que sur le marché du travail », explique le spécialiste.
Les jeunes peuvent vivent du stress pour une foule de raisons allant de la période d'examens de fin d'année à une rupture amoureuse ou à des problèmes d'ordre familial. Aucun jeune n'est à l'abri de la détresse psychologique. Selon le Dr Frappier, le problème est que la plupart d'entre eux sont incapables de nommer le concept. « Un adolescent ne dira pas: "Je suis stressé ces temps-ci". Son corps va parler plutôt pour lui. »
L'adolescent, le médecin et les parents
Le Dr Frappier ne peut régler tous les maux des jeunes qui lui rendent visite, mais tente, lorsque cela est possible, de coordonner ses efforts avec ceux des parents afin que les ados aient le meilleur soutien possible pour surmonter leur période de stress intense. « L'adolescence est un moment déterminant dans la formation de l'identité. Le défi de l'adolescent consiste à trouver qui il est et ce qu'il veut. Il veut se distinguer de ses parents, mais ceux-ci demeurent des références majeures. Il veut cesser d'être un enfant, mais il exprime encore de nombreuses insécurités. Ses peurs se révèlent parfois dans la régression. »
Le Dr Frappier assure un travail personnalisé auprès de chaque jeune en tentant de stimuler son potentiel, mais il avoue que lorsque la situation familiale est complexe et que les parents ne l'appuient pas, cela devient très difficile d'intervenir. « Lorsque les parents ne collaborent pas, c'est comme si l'on devait intervenir avec les bras et les jambes coupés », illustre-t-il.

