Le parent peut expliquer à l'enfant qu'il est normal pour un bébé de 18 mois de ne pas savoir quoi faire devant des situations incompréhensibles et qu'une toute petite partie de lui-même est peut-être restée pareille à celle d'un enfant de 18 mois. Cette partie reparaît lorsqu'il vit quelque chose qui ressemble à cette situation incompréhensible et désagréable; comme un chemin creusé dans son cerveau, les émotions prennent le même chemin et lui font vivre les mêmes sensations de désespoir qu'à 18 mois.

On propose à l'enfant de choisir un objet qui symbolisera son petit moi: un coussin, un toutou ou une poupée, et on donne à cet objet le surnom de l'enfant. Appelons l'enfant Anne, et son petit moi, Mimi.

On explique à Anne qu'elle seule sait comment et quand se manifeste Mimi, la nuit, par exemple, quand il fait noir, et que papa et maman peuvent la rassurer, elle, mais pas Mimi, car ils ne la voient pas. La seule personne qui puisse rassurer Mimi, c'est Anne.

Comment crois-tu, Anne, pouvoir calmer Mimi? On peut faire des suggestions, seulement si Anne n'a pas d'idée. Le mieux est de laisser à Anne, au grand moi, le pouvoir d'aider l'enfant blessé, le petit moi, qui est terrorisé et sans pouvoir.

On encourage Anne à garder la poupée Mimi auprès d'elle. La nuit, quand Mimi a peur, Anne peut la rassurer, la bercer et lui expliquer qu'il n'y a pas de danger. Anne est elle-même rassurée de posséder ce pouvoir et n'a plus besoin de réveiller ses parents. Elle sait très bien qu'en cas de vrai danger, ses parents accourront. Elle sait aussi qu'il y a des situations pas vraiment dangereuses, mais qui font vraiment peur à Mimi. Heureusement qu'elle est là pour consoler Mimi!

Lire aussi: Agression sexuelle dans l'enfance: un chemin de reconquêtes