Alternance entre régimes excessifs et hyperphagie
Tout commence souvent par un simple régime amaigrissant: on essaie de suivre une diète, on s'impose de multiples restrictions. En fait, on ne mange presque rien. Et puis on craque, on avale tout ce qui nous tombe sous la main. Dans de nombreux cas, le trouble naît de l'alternance entre régimes draconiens et épisodes excessifs. Le tristement célèbre phénomène du poids yo-yo. Le problème, c'est que plus une personne enchaîne les diètes, moins elle ressent la satiété. Elle finit par manger trop, tout le temps, et à prendre du poids plutôt que de maigrir.
La nature a horreur du vide. Quand on contrôle à l'excès son alimentation, un relâchement exagéré suit. Inévitablement. Donc, lorsqu'un hyperphagique craque, il ingurgite de grandes quantités d'aliments «interdits». Pourquoi pas, se dit-il. Il sera toujours temps de reprendre le régime, mais c'est sans compter sur la frustration. Comme sur le vif sentiment de culpabilité qui suit les moments de faiblesse. Le problème, c'est que pour une victime de trouble alimentaire, la seule façon de calmer la frustration et la culpabilité, c'est de manger. Alors bonjour, cercle vicieux !
Conséquences physiques et psychologiques
L'hyperphagie peut avoir d'importantes conséquences sur la santé. Le principal risque demeure celui du surplus de poids. Des années passées à valser entre restrictions et compulsions mènent souvent à l'obésité et à son cortège de maux: hypertension, cholestérol, diabète, maladies cardiaques, accidents cardiovasculaires, problèmes des os et des articulations, etc.
L'hyperphagie entraîne aussi des conséquences psychologiques. Elle a un impact sur l'estime personnelle et, du coup, nuit au travail, aux relations sociales et à la sexualité.
Problème de santé... et d'émotions
Beaucoup de femmes qui présentent des troubles alimentaires sont très préoccupées par le regard des autres. En général, les personnes atteintes ont une faible estime d'elles-mêmes et elles se soucient excessivement de leur poids. Les hyperphagiques ont souvent un tempérament impulsif et éprouvent de la difficulté à gérer leur émotivité. Littéralement, ce sont des gens qui «mangent leurs émotions».
Des chercheurs en psychiatrie de l'Université de Harvard ont aussi remarqué que les problèmes de comportement alimentaire coïncident souvent avec des troubles de l'humeur, comme la dépression et l'anxiété.

