Selon certains spécialistes, de nombreux hyperphagiques font très tôt dans leur vie le lien entre nourriture et émotions. On pense à l'enfant qu'on récompensait d'un dessert ou à celui qui était privé de nourriture pour avoir désobéi. Et que dire de ceux qu'on forçait à finir leur assiette même s'ils n'avaient plus faim et qui, de ce fait, n'ont pas appris à reconnaître le signal de satiété. Chose sûre, l'éducation a une influence déterminante sur les habitudes alimentaires qu'on adoptera pendant le reste de sa vie.
La thérapie cognitive pour traiter l'hyperphagie
Les thérapies cognitivo-comportementales peuvent s'avérer efficaces pour traiter l'hyperphagie boulimique. En réalité, la prise en charge au niveau psychologique est essentielle. La thérapie cognitive s'emploie à modifier les pensées et les comportements irrationnels de la personne face au poids et à l'alimentation - par exemple, le fait de croire que si l'on mange, on va nécessairement engraisser.
Il faut ainsi amener la personne à établir un rapport sain avec la nourriture. Dans ce but, certains thérapeutes demandent au patient de tenir un journal alimentaire dans lequel il note le moment de la journée et les circonstances dans lesquelles se produisent ses pertes de contrôle. Le travail se fait souvent de pair avec une nutritionniste, un psychologue et un psychothérapeute.
Une nutritionniste peut aussi aider l'hyperphagique à adopter de saines habitudes alimentaires, sans privation. Aucun aliment ne lui est interdit et le patient peut manger quand il veut.
Au cours de la thérapie, on doit apprendre au patient à dissocier faim et émotions. De même, on l'amène à éliminer le sentiment de culpabilité qu'il ressent après avoir mangé. La moitié du travail consiste bien souvent à déprogrammer les croyances erronées et les restrictions cognitives bien ancrées.
De manière générale, les résultats de la psychothérapie sont encourageants, quoique la plupart des hyperphagiques demeurent sensibles aux troubles du comportement alimentaire toute leur vie. Heureusement, les outils acquis en thérapie leur permettront d'éviter le cercle vicieux des régimes et des rages de bouffe.

