À la moindre toux ou au moindre étourdissement, les hypocondriaques peuvent accourir chez le médecin. Même si celui-ci ne trouve rien, ils demeurent convaincus d'être atteints d'une maladie grave. La vie d'un hypocondriaque n'a rien d'une partie de plaisir.

Les hypocondriaques accumulent les ordonnances, les examens cliniques, radiographies et scanners. Certains visitent le médecin ou la salle d'urgence plusieurs fois par semaine.

Beaucoup d'hypocondriaques vont passer d'un spécialiste à un autre. Le fait qu'un spécialiste ne trouve rien d'anormal ne les rassure pas; ils croient plutôt que le laboratoire a fait une erreur ou que la maladie n'est pas encore assez avancée pour avoir été décelée.

Les personnes hypocondriaques adoptent de fausses croyances qui les renforcent dans leur trouble. Le moindre changement dans leur corps est perçu comme le signe d'une maladie sérieuse parce que chaque symptôme doit avoir une cause physique identifiable.

Les hypocondriaques sont persuadés que, s'ils ne consultent pas aussitôt qu'ils remarquent un symptôme inhabituel, il sera trop tard ensuite.

Obsédés par la maladie, les hypocondriaques sont très sensibles aux «maladies de l'actualité», c'est-à-dire à celles dont on entend beaucoup parler dans les médias, que ce soit le cancer du sein, la grippe aviaire ou le sida. En fait, la seule maladie dont ils ne soupçonnent pas être atteints est bel et bien... l'hypocondrie.

«Le cas le plus sévère que j'ai vu, c'était une dame qui était persuadée d'avoir le cancer. En plus, elle travaillait dans le milieu médical, où il y a énormément de sources de stimulation pour un hypocondriaque. Le conjoint de cette dame devait l'examiner constamment pour voir si elle n'avait pas de bosses suspectes», raconte Frédéric Langlois, psychologue et professeur à l'Université du Québec à Trois-Rivières.