Les mots peuvent blesser. Mais ils peuvent aussi servir à panser les plaies. Vous avez fait mal à quelqu'un? Vous souhaitez lui demander pardon? Écrivez-lui, du fond du cœur, que vous regrettez ce qui est arrivé. C'est ce qu'on appelle la lettre réparatrice.
Les pires souffrances sont celles du coeur. Et, étrangement, ceux à qui on fait le plus mal sont souvent des gens qu'on aime. Nos mots, nos gestes, nos attitudes peuvent écorcher, abîmer l'autre. Pour longtemps. Parfois toute une vie. Peut-on réparer la blessure que l'on a faite à quelqu'un - même sans l'avoir voulu véritablement? Oui, disent ceux et celles qui ont déjà envoyé une lettre de pardon à une soeur, un ex-amoureux, un père, un fils, une grande amie ou une collègue de travail.
Un soir, en rentrant chez elle, Aurélie, 36 ans, entend un message sur son répondeur. C'est Charlotte, sa grande amie, qui lui dit très froidement que c'est fini entre elles. «Samedi soir, tu n'as pas cessé de tourner autour de mon nouvel amoureux. Tu as tout fait pour le séduire. Et puis, tu me ridiculisais à ses yeux: avais-tu besoin de parler de ma peur des ascenseurs, du noir, de tout? De lui dire, en riant, que j'ai eu un tas d'amants? Que j'écrase les hommes? Ton attitude est inacceptable. N'essaie pas de t'excuser. Ne me rappelle plus jamais.»

