Les pires souffrances sont celles du coeur. Et, étrangement, ceux à qui on fait le plus mal sont souvent des gens qu'on aime. Nos mots, nos gestes, nos attitudes peuvent écorcher, abîmer l'autre. Pour longtemps. Parfois toute une vie. Peut-on réparer la blessure que l'on a faite à quelqu'un - même sans l'avoir voulu véritablement? Oui, disent ceux et celles qui ont déjà envoyé une lettre de pardon à une soeur, un ex-amoureux, un père, un fils, une grande amie ou une collègue de travail.

Un soir, en rentrant chez elle, Aurélie, 36 ans, entend un message sur son répondeur. C'est Charlotte, sa grande amie, qui lui dit très froidement que c'est fini entre elles. «Samedi soir, tu n'as pas cessé de tourner autour de mon nouvel amoureux. Tu as tout fait pour le séduire. Et puis, tu me ridiculisais à ses yeux: avais-tu besoin de parler de ma peur des ascenseurs, du noir, de tout? De lui dire, en riant, que j'ai eu un tas d'amants? Que j'écrase les hommes? Ton attitude est inacceptable. N'essaie pas de t'excuser. Ne me rappelle plus jamais.»

Aurélie est bouleversée. «Je n'avais pas voulu lui faire mal. J'étais joyeuse, ce soir-là, spontanée. Je n'avais aucune envie de séduire son ami.» Les mois passent. À la date d'anniversaire de Charlotte, Aurélie se met à penser très fort à elle et à ce fameux samedi. Elle décide alors de lui écrire pour lui demander pardon. «J'ai mis mon orgueil de côté, raconte-t-elle. J'ai dit à Charlotte que je reconnaissais avoir prononcé - involontairement - des paroles blessantes et que je les regrettais sincèrement; que je m'étais comportée en séductrice, sans égard pour ce qu'elle vivait, elle, avec son nouvel amoureux. Je lui ai dit aussi à quel point son amitié m'était précieuse. J'ai été récompensée: nous sommes redevenues amies. Et c'est plus fort que jamais.»