La résilience est un phénomène psychologique qui consiste à réussir à vivre et à se développer malgré un traumatisme. Et lorsqu'on parle de traumatisme, on ne parle pas d'épreuves comme un divorce, aussi difficile soit-il. Le terme de résilience s'applique seulement lorsqu'une personne a vécu un événement grave, comme le viol ou l'inceste ou une agression, qu'elle a surmonté le choc d'un tel événement et qu'elle mène une existence épanouie, malgré tout. Avant de devenir une personne résiliente, le chemin est généralement long et certains individus n'y arriveront pas. Ils auront de la difficulté à faire confiance à quiconque et à s'engager au niveau affectif; ils ne feront que survivre.

Se laisser le temps d'avoir de la peine et l'exprimer
Selon Jean Monbourquette, psychologue et auteur de plusieurs ouvrages de croissance personnelle, toute personne ayant vécu un événement affligeant, comme la perte d'un être cher, doit admettre qu'elle a besoin de temps et quelques fois d'aide pour passer au travers de cette expérience de vie. «Elle doit nécessairement exprimer sa douleur, explique-t-il. Elle a le droit de montrer qu'elle ne se sent pas bien. Il peut arriver que, certains jours, un geste aussi simple que de laver la vaisselle devienne une corvée. C'est normal. Avec le temps, la souffrance va s'atténuer.»

Dans notre société ultra performante, trop peu de personnes se permettent d'être moins fonctionnelles aux niveaux professionnel et social après un événement malheureux. Elles ont plutôt tendance à tourner la page très rapidement, sans vivre réellement leur peine ou leur colère. «Or, à un moment donné, trois ou quatre ans après l'épreuve, ces sentiments refont souvent surface», observe Jean Monbourquette. «Dans certains cas, poursuit le psychologue, ces sentiments se transforment en maladies ou mènent à la dépression, sans crier gare.»