Pour s'affranchir d'une épreuve et grandir, on peut ultimement y trouver un sens en cherchant les enseignements de vie que ces événements malheureux nous ont apporté. Pour mieux expliquer ces propos, Jean Monbourquette donne l'exemple d'une ex-patiente. «J'ai déjà aidé une femme qui avait perdu son bébé, raconte-t-il. Cette mère pleurait à chaque jour la perte de son enfant. Un jour, je lui ai demandé ce qu'elle pensait faire pour continuer à vivre. Après avoir réfléchi à la question, elle a décidé de donner son bébé en adoption à une amie décédée. De son vivant, celle-ci avait toujours désiré avoir un enfant. «Ce jour-là, enchaîne-t-il, la mort du bébé de mon ex-patiente a pris un sens. La jeune femme s'est finalement consolée en se disant qu'elle pourrait avoir d'autres enfants, un jour.»

Savoir pardonner, mais ne pas oublier
Aux dires du psychologue, on peut tenter de pardonner un acte contre soi dont on a été victime dans le but de s'en libérer. On évite ainsi de perpétuer la violence et de devenir soi-même un bourreau. Cependant, il faut beaucoup de temps pour y arriver.

Avant tout, la personne affectée par un traumatisme doit tout d'abord exprimer les événements l'ayant perturbée; vivre sa peine, sa peur ou sa colère. Puis, elle doit tenter d'arriver à comprendre la situation et tirer une expérience de vie de ce qu'elle a vécu. «En s'abandonnant au sentiment de compassion, elle peut ensuite se libérer de sa blessure, dit-il. Une personne qui pardonne n'oublie jamais le passé. Mais, sa mémoire la fait moins souffrir. C'est un cadeau qu'elle s'offre avant tout à elle-même!»

Le bonheur parfait, ça n'existe pas
Les films et les médias ont tendance à véhiculer une image trop idyllique de la vie. Or, chaque existence comporte immanquablement son lot d'épreuves, avec des douleurs distinctes. Et chaque personne réagit différemment et trouve des mécanismes de défense qui lui sont propres. «Il faut entrevoir son destin avec philosophie et tenter de comprendre les grandes leçons de vie qu'il tente de nous faire comprendre», conclut Jean Monbourquette.

Saviez-vous que...
C'est l'auteur français Boris Cyrulnik, éthologue, neuropsychiatre et psychanalyste, qui a fait connaître au grand public le concept de résilience, à la fin des années 90. C'est en étudiant les survivants des camps de concentration et divers groupes d'individus, dont des enfants des orphelinats roumains et des enfants de rues boliviens qu'il a pu observer ce phénomène psychologique.