Selon une étude ontarienne menée dans les écoles auprès des enfants de 10 à 12 ans, près de 30% des filles se trouvent trop grosses et essaient de maigrir!

Pendant deux ans la Société canadienne de pédiatrie a mené une enquète sur les troubles de la conduite alimentaire auprès des pédiatres du Canada. Les principaux résultats ont révélé 160 cas de trouble alimentaire à début précoce chez des enfants de moins de 12 ans. Parmi eux, il y avait 7 filles pour un garçon. La perte moyenne de poids était de 7.4 kg et près de la moitié de ces patients ont dû être hospitalisés. On le voit tout de suite, cette condition médicale peut être sévère.

La classification actuelle des troubles alimentaires à début précoce (qui se manifestent avant l'âge de 12 ans) comprend quatre groupes.

L'anorexie mentale précoce
Dans le premier groupe, on retrouve l'anorexie mentale précoce. Les enfants souffrant de ce trouble présentent une perception anormale de leur image corporelle et de leur poids. Un refus déterminé de prendre du poids est présent. L'alimentation est très perturbée et la nourriture est toujours prise en quantité insuffisante. Bien que ce soit plus rare qu'à l'adolescence, certains de ces jeunes vont jusqu'à se faire vomir. Par contre, l'absence de menstruation, conséquence qu'on observe souvent chez les adolescentes anorexiques, n'est pas un critère diagnostique à retenir dans le cas présent, puisqu'il est question d'enfants qui n'ont pas encore franchi le seuil de la puberté.

Dans la moitié des cas, on constate une hyperactivité physique dont l'intensité est impressionnante et difficile à contrôler. Certaines patientes peuvent aller jusqu'au refus de s'asseoir, de peur de prendre du poids. Cette peur démesurée est ravageuse. Tout est centré sur le désir intense de perdre du poids: calcul des calories, pesées répétitives, c'est une obsession de tous les instants. Dans un contexte de trouble anxieux associé, les manies ne sont pas rares: l'enfant se lave les mains à tout moment, par exemple.

C'est le trouble alimentaire à début précoce le plus complexe et dont le pronostic peut susciter le plus d'inquiétudes. Il est causé par des facteurs multiples, mais des problématiques familiales, parfois anciennes, parfois récentes (séparation parentale, tensions) sont souvent retrouvées dans l'histoire du malade. Il faut souvent s'attendre à une évolution longue de la maladie, et, tôt ou tard à un séjour à l'hôpital de même qu'à des conséquences réelles sur le plan physique. N'oublions pas que l'enfant est encore en pleine croissance: l'anorexie ne pouvait pas tomber plus mal.