Lorsque la nuit arrive
Puis, la nuit arrive. L'enfant fait une première demande à laquelle le parent répond, souriant, comme le génie de la lampe magique. Le parent ne doit ni parler, ni agir avant que l'enfant ait tendu son billet. Le parent reste avec son enfant pendant deux minutes. Si l'enfant veut que le parent prolonge sa présence, il faut qu'il paye, c'est comme parler au téléphone cellulaire: ça lui coûtera alors son dernier billet.
Si l'enfant tient à dépenser son deuxième billet, le parent doit alors symboliquement sortir de la chambre, mais revenir aussitôt en lui demandant combien de billets il lui reste. L'enfant doit vérifier avec ses yeux et ses mains. Puis, le parent doit lui demander si la nuit est terminée, et s'il ne préfère pas conserver son deuxième billet pour une urgence: cauchemar ou besoin réel. Le parent suggère donc à l'enfant d'être prudent et de garder son dernier billet pour quelque chose de vraiment très important. Car sans billet papa et maman ne reviendront pas. S'il l'enfant sort de son lit, papa et maman iront le reconduire SANS DIRE UN MOT et sans contact visuel. Le parent doit alors agir comme un robot, imperturbable, insensible et intransigeant, et remettre son enfant au lit. Cette attitude est capitale pour la réussite de la méthode. N'oubliez pas: l'objectif de l'enfant est d'être en relation. Après la dépense des deux billets, l'enfant n'a plus droit, jusqu'au lever du soleil, à cette relation. Si l'enfant sort de sa chambre, le parent le ramène dans son lit, mais sans répondre aux tentatives de mise en relation faites par l'enfant à 3 heures du matin.
La majorité des enfants anxieux ne dépenseront jamais leur deuxième billet. Ils le garderont et s'y accrocheront. L'enfant est rassuré, car il a un vrai pouvoir. Un pouvoir de décision. Un pouvoir sur sa vie. Il ne se voit plus comme seul, rejeté, abandonné la nuit à ses angoisses. Il a une solution! Une solution qui ne mettra pas son parent en colère.
L'attitude déterminée du parent
Un petit nombre d'enfants vont néanmoins tester férocement le contrat qui les lie à leurs parents en dépensant hâtivement les deux billets et en essayant de les déranger plusieurs fois le reste de la nuit. Leur plan: voir si le parent demeure solide; si le parent a une parole; si le pont parental, le fameux lien qui l'unit à sa figure d'attachement, est aussi solide qu'il en a l'air!
Seule l'attitude déterminée du parent qui respecte la consigne de ne pas parler et de ne pas regarder l'enfant viendra à bout de l'anxiété de l'enfant et des nuits d'enfer qu'il lui fait vivre. Que représentent deux ou trois nuits orageuses quand on sait qu'on peut régler une fois pour toutes le problème des réveils nocturnes à répétition?

