Combattre l'herpès ou la leucémie à l'aide d'éponges, soulager le cancer au moyen d'un coquillage ou encore lutter contre la malaria avec un concombre de mer, voici quelques-uns des trésors que l'océan révèle peu à peu aux chercheurs. On évalue que les chances de découvrir de nouvelles molécules utiles à l'homme sont 400 fois supérieures sous l'eau que sur terre. Pourtant, il faut faire vite, car les récifs coralliens pourraient avoir disparu d'ici 2050...

Biodiversité et biomolécules

On estime qu'il existe entre 10 et 30 millions d'espèces encore à découvrir, et une bonne partie peuplerait les fonds marins. Après plus de 300 millions d'années d'évolution, la richesse et la diversité des récifs coralliens sont souvent comparées à celles des forêts tropicales. Bien qu'ils ne représentent que 1 % de l'étendue des océans, ils abritent près de 25 % des espèces marines.

La médecine de la mer

Les premières utilisations du corail remonteraient à l'époque gréco-romaine, où on l'utilisait pour stopper les hémorragies ou consolider les blessures, selon Caroline Magdelaine, maître de conférences à l'Université Marc Bloch de Strasbourg. Aujourd'hui, la technique est redécouverte par l'Institut de recherche pour le développement français (IRD), qui a breveté un biomatériau utilisé comme greffon osseux, le Biocoral.

Dans les années 1950, c'est à la suite de nombreuses intoxications de soldats américains durant la guerre du Pacifique que la communauté scientifique a commencé à s'intéresser aux toxines sécrétées par les espèces marines tropicales. Ainsi, le cône, un coquillage des plus venimeux, a permis d'isoler la conotoxine, composé utile dans le traitement de la sclérose en plaques.