Les hommes sont plus imprudents

Non seulement les hommes ignorent les signes précurseurs et les symptômes de problèmes de santé, mais ils prennent aussi plus de risques que les femmes. «Le taux de fumeurs est comparable entre les sexes, mais il y a davantage de gros fumeurs, qui consomment plus d'un paquet de cigarettes par jour, chez les hommes, précise Gilles Tremblay. On fait le même constat pour la consommation d'alcool: le phénomène d'enivrement est surtout masculin.» Enfin, les hommes occupent des métiers plus à risques que les femmes (bûcheron, policier, pompier) et sont plus nombreux qu'elles à mourir dans des accidents de voiture.

Si les salles d'entraînement sont bien fréquentées par les hommes, cela ne signifie pas que ces derniers sont plus en forme que les femmes. «Est-ce qu'ils s'entraînent pour développer leurs capacités cardiovasculaires ou leur musculature? questionne Gilles Tremblay. Si l'on observe le type d'homme que l'on montre dans les revues grand public, on constate que l'apparence physique et la masse musculaire sont mises à l'avant-plan. Or, les risques liés à la surconsommation de poids et altères peuvent être importants: déchirure des muscles, problèmes de dos, etc. Ce genre d'activité peut permettre d'avoir un beau corps, mais si celui-ci n'est pas sain, ce n'est pas mieux. La prise de stéroïdes est également en hausse chez les hommes, ce qui n'est pas bénéfique. Cette tendance vers le muscle à tout prix plutôt que vers la bonne santé physique est devenue l'élément central de l'entraînement.»

Que faire?

Promouvoir l'importance de garder son corps en bonne santé et d'avoir recours à des tests de dépistage ne suffira pas à améliorer la situation, selon Gilles Tremblay. «Pour changer les habitudes, il faut défaire les mythes et dire que la souffrance n'a pas de genre.» Il faut aussi revoir l'approche des soins de santé destinés aux hommes.

Consulter notre dossier sur la santé des hommes.

  

Suggestion de lecture

La santé au masculin, Dr Harold Christian Dion, Éditions La Presse, 2010, 128 pages.