Maladies cardiovasculaires: sportifs, attention!
La prévention des maladies cardiovasculaires débute nécessairement par une modification des habitudes et par un dépistage précoce. Par ailleurs, la plus grande prudence s'impose aux sportifs occasionnels. On a tous entendu parler d'hommes morts dans la quarantaine en pratiquant leur sport préféré.

«Certains sports comme le hockey et le squash exigent un effort cardiovasculaire très intense, rappelle le Dr Dupuis. Le hic: certains s'y adonnent une fois par semaine et sont sédentaires le reste du temps. Le corps ne suit pas. Il faut se rappeler qu'on ne pratique pas ces sports pour se mettre en forme. Il faut plutôt être en grande forme pour les pratiquer. Bref, si un homme a plus de 40 ans, qu'il a quelques kilos en trop et qu'il veut entreprendre une activité sportive pour retrouver la forme, il devrait voir son médecin auparavant.»

Le diabète
Non seulement le diabète est-il en hausse, mais 50 % des diabétiques ne savent pas qu'ils en souffrent. Pourtant, un dépistage précoce pourrait réduire sensiblement les maladies cardiaques (le diabète est le plus grand facteur de risque), les insuffisances rénales, les amputations et la cécité. Facile: une simple prise de sang permet de mesurer la glycémie.

On peut également diminuer le risque d'avoir un diabète de type 2, qui touche habituellement les adultes de plus de 45 ans, en s'attaquant à ses principales causes: l'obésité (surtout abdominale), l'hypertension et le taux élevé de cholestérol. Enfin, il faut être à l'affût des symptômes classiques: soif intense, mictions fréquentes et grande fatigue.

Problèmes de la prostate
Les hommes en parlent peu. Comme si les maladies de la prostate ne les concernaient pas. Pourtant, à partir de la cinquantaine, la majorité d'entre eux en seront affectés à plus ou moins brève échéance et à différents degrés. Le problème le plus fréquent: l'hypertrophie bénigne.

«À partir de la quarantaine, la prostate augmente progressivement de volume, explique le Dr Armen Aprikian, urologue. Quand elle exerce une pression sur l'urètre, par où s'écoule l'urine, apparaissent divers symptômes: besoin plus urgent ou plus fréquent d'uriner (y compris la nuit), miction lente à démarrer, vidange incomplète de la vessie, jet urinaire faible. Quand les symptômes influent sur la qualité de vie, le médecin prescrit une médication pour faciliter la vidange de la vessie ou pour réduire le volume de la prostate. Dans les cas graves, avec saignements, infections urinaires récidivantes ou obstruction de la vessie, il recourra à la chirurgie.»

On peut également recourir à la cathétérisation - le patient utilise un cathéter (tube de plastique inséré dans l'urètre) quelques fois par jour pour vider sa vessie, ou un cathéter est installé en permanence et relié à un sac que l'on attache à la jambe du patient (une sonde à demeure). Habituellement, si la chirurgie est impossible en raison de l'âge ou de la présence de problèmes de santé majeurs contre-indiquant la chirurgie, on opte pour la cathéterisation.

Si les femmes craignent le cancer du sein, les hommes, pour leur part, craignent le cancer de la prostate. Non sans raison. Au Canada, ce cancer est très répandu. Et il est sournois «À ses débuts, le cancer est asymptomatique, rapporte le Dr Aprikian. Quand les symptômes, semblables à ceux de l'hypertrophie, apparaissent, le cancer est déjà avancé. Pourtant, détecté précocement et localisé à l'intérieur de la prostate, ce cancer est curable.»

Voilà pourquoi on recommande aux hommes de plus de 50 ans de subir un examen par toucher rectal ainsi qu'un test sanguin pour déceler l'antigène prostatique spécifique (APS). Et parce que les hommes de race noire et ceux qui ont des antécédents médicaux de cancer de la prostate (père, frère, oncle) sont particulièrement exposés à la maladie, on leur suggère de se soumettre à ces tests dès l'âge de 40 ans.