La dysfonction érectile
Même si on parle beaucoup plus qu'autrefois de la dysfonction érectile (difficulté à obtenir une érection), les préjugés sont tenaces. Les deux tiers des hommes atteints n'abordent le sujet ni avec leur partenaire ni avec leur médecin, et moins de 10% de ceux qui en souffrent cherchent un traitement! Pourtant, il s'agit du deuxième problème sexuel en importance après l'éjaculation précoce.
La prévalence de la dysfonction érectile augmente progressivement après l'âge de 40 ans. Cette difficulté est due à un trouble psychologique ou organique. Les problèmes circulatoires jouent un grand rôle dans beaucoup de cas d'impuissance. L'érection n'est en effet possible que s'il y a apport sanguin suffisant dans le système microvasculaire du pénis. Tout ce qui affecte la circulation peut donc nuire à son bon fonctionnement: tabagisme, hypertension, obésité, diabète, athérosclérose.
«Il faut aussi se rappeler que le stress, une grande fatigue, l'abus de drogues, d'alcool et de médicaments peuvent avoir des conséquences immédiates sur la capacité à maintenir une érection. Il suffit généralement d'éliminer la cause pour résoudre le problème», rappelle l'urologue Armen Aprikian.
L'histoire individuelle et l'examen physique permettent de déceler les causes les plus fréquentes. Et si elles sont organiques, elles se traitent à l'aide de médicaments conçus pour augmenter la circulation.
L'andropause
Le mot est de plus en plus à la mode, surtout depuis que le monde médical a reconnu, en 1999, l'andropause comme une réalité, au même titre que la ménopause chez la femme.
L'andropause survient quand la production de testostérone diminue. D'après des études réalisées auprès d'hommes de 50 ans et plus, plusieurs se plaignent de troubles se rapprochant beaucoup de ceux de la ménopause: fatigue, dépression, difficulté de concentration, angoisse, bouffées de chaleur, troubles du sommeil.
La santé mentale
Une des causes les plus fréquentes de décès chez les hommes: le suicide. Parmi les principaux facteurs de risque, mentionnons les problèmes affectifs, la dépression majeure, le stress lié à la performance et à la réussite au travail, divers troubles de santé mentale et la consommation d'alcool ou de drogue. Hélas, de façon générale, les hommes sont réticents à demander de l'aide et ont une perception négative des ressources offertes. Il faut agir, et vite. Car les hommes ont tendance à utiliser des méthodes plus violentes que les femmes pour tenter de mettre fin à leurs jours, donc leurs tentatives réussissent plus souvent. La prévalence de la tentative de suicide est de 4 femmes pour 1 homme, alors que pour les tentatives réussies, la prévalence est de 3 hommes pour 1 femme.
Le saviez-vous?
Plusieurs examens de santé devraient être à l'agenda des hommes. En voici un aperçu:
- Bilan lipidique (LDL (mauvais cholestérol), HDL (bon cholestérol), triglycérides (autre type de mauvais cholestérol) et cholestérolémie totale): une fois tous les trois ans.
- Glycémie à jeun (diabète): une fois tous les trois ans.
- Tension artérielle: à partir de 18 ans, à chaque visite chez le médecin. L'idéal, une fois l'an.
- Toucher rectal et APS (prostate): annuellement, après 50 ans.
- En cas d'antécédents médicaux ou d'anomalies lors des tests, la fréquence sera naturellement plus rapprochée.
Suggestion de lecture
La santé au masculin, Dr Harold Christian Dion, Éditions La Presse, 2010, 128 pages.

