Faux sentiment de sécurité
Il en résulte souvent un malentendu chez le nouvel arrivant et même chez certains professionnels de la santé qui croient qu'un examen médical d'immigration normal garantit un état de santé global satisfaisant. Ce faux sentiment de sécurité peut avoir de fâcheuses conséquences et amener l'immigrant présentant des symptômes anormaux à consulter un médecin tardivement. Soit parce qu'il croit que cela peut nuire à son dossier, même si la maladie sous-jacente dont il souffre n'est pas visée par l'examen médical d'immigration, soit parce qu'il pense que l'examen médical d'immigration aurait dû dépister toute anomalie méritant d'être rapportée. Imaginez l'impact que cela peut avoir dans le cas d'un nouvel arrivant qui présente des symptômes d'infection transmise sexuellement et qui a des comportements à risque!
Ce décalage entre les politiques sanitaires et les données actuelles en matière d’immigration soulève plusieurs craintes.
Entre santé et maladie
Ce décalage entre les politiques sanitaires et les données actuelles en matière d'immigration soulève plusieurs craintes, la première étant l'émergence de maladies «tropicales», préoccupation alarmante à l'aube des pandémies de grippe aviaire et de SRAS.
Les statistiques concernant les nouveaux arrivants sont déficientes, entre autres parce qu'elles ne tiennent pas compte de leur hétérogénéité: un homme d'affaires suédois ne présente évidemment pas le même profil bio-psycho-médical qu'une réfugiée rwandaise! Tout de même, on sait grossièrement que les immigrants souffrent rarement de maladies tropicales potentiellement menaçantes pour la santé publique et il n'est pas justifié de les dépister chez tout arrivant.
En ce qui a trait aux maladies chroniques, telles le diabète ou l'hypertension, on pense souvent à tort que ce sont des affections qui touchent seulement les Occidentaux. Or, dans le monde, les taux de mortalité des maladies cardiovasculaires ou des cancers du col de l'utérus, pour ne nommer que ces maladies, sont comparables, voire supérieurs, aux valeurs canadiennes. Ce sont des maladies qui coûtent très cher au système mais qui ne font pas l'objet de l'examen médical d'immigration.

