Alcool et médicaments: des effets dangereux
L'alcool interagit avec plus d'une centaine de médicaments. Ces interactions augmentent les risques de maladie et de blessures, et peuvent même causer la mort. Les effets de l'alcool sont en effet décuplés lorsqu'on le consomme en même temps que certains médicaments qui agissent sur le système nerveux central, comme les somnifères, les antihistaminiques, les antidépresseurs et les anxiolytiques. De plus, certains médicaments utilisés dans les cas de diabète ou de maladie cardiovasculaire peuvent former avec l'alcool une combinaison dangereuse. Le mariage alcool-médicaments en vente libre peut aussi représenter un danger. Par exemple, d'importantes doses d'acétaminophène prises pendant que l'on boit peuvent affecter sérieusement le foie. Si vous prenez des médicaments, qu'ils soient prescrits ou en vente libre, demandez à votre médecin ou à votre pharmacien si vous pouvez boire de l'alcool en toute sécurité.
L'alcool demeure – avec la vitesse – l'une des premières causes de mortalité sur les routes du Québec.
Alcool et volant: un tandem meurtrier
Au Québec, le taux d'alcoolémie permis lorsqu'on conduit est de 0,08. Comme les Québécois le savent, une loi est à l'étude pour le réduire, à l'exemple de certains pays, dont la France et l'Australie, qui ont fixé la limite à 0,05, ou la Suède, qui ne tolère chez les conducteurs qu'un taux de 0,02. Les études sur la vigilance au volant indiquent qu'un taux d'alcoolémie aussi bas que 0,02 rend déjà certaines manoeuvres hasardeuses, et que la capacité de conduire est affectée significativement dès qu'on atteint la moitié de la limite actuelle, soit 0,04.
À moins d'avoir recours à un alcoomètre, il est difficile de connaître avec précision son taux d'alcoolémie. Ce dernier dépend de plusieurs facteurs comme le sexe, le poids, le fait de boire sur un estomac vide ou la vitesse de consommation. Selon la Société d'assurance automobile du Québec, l'alcool au volant a causé 30 % des décès, 16 % des blessures graves et 5 % des blessures légères en 2005, ce qui représente en chiffres absolus environ 200 morts, 600 blessés graves et 2400 blessés légers. En seuls frais d'indemnisation des victimes de la route, ce fléau représente annuellement une facture globale de près de 100 millions de dollars pour les Québécois.
Sous un angle plus positif, il faut toutefois noter une amélioration remarquable au cours des 25 dernières années. En effet, de 1978 à 2005, le nombre de décès imputables à l'alcool au volant est passé de 800 à 200. Malgré tout, l'alcool demeure, avec la vitesse, l'une des premières causes de mortalité sur les routes du Québec.

