Un grand classique

Un après-midi d'octobre: voilà maintenant sept heures consécutives que David, 13 ans, est planté devant son ordinateur. Il s'est «logué» plus tard que d'habitude, car on est samedi: il a fait la grasse matinée jusqu'à 7h15: faut bien en profiter!  Pas d'école aujourd'hui, les parents sont au chalet pour la fin de semaine donc il n'y aura pas les habituels commentaires: «Va donc jouer dehors pour prendre de l'air!», «Hey, les nerfs, arrête de bûcher sur le clavier, c'est rien qu'un jeu!», ou encore: «Viens donc dîner, ça va être froid!». David va pouvoir assouvir son besoin: celui de jouer online à Warcraft sans se faire déranger par personne.

Si ses parents avaient su que l'ordinateur offert à David par ses grands-parents pour Noël allait devenir le centre de sa vie... 

Piégé par son talent

Au fil des mois, le jeu virtuel a pris de plus en plus de place dans la famille de David.  Au début, il n'y avait pas trop de problème: nouvelle technologie, nouveau jeu...  Mais avec le temps et le talent de David, le monde virtuel a occupé tout l'espace: obsession sur les stratégies à employer pour améliorer ses scores, chat avec ses compagnons virtuels de jeu que l'on ne connaît que par leurs nick (surnom que se donne chaque usager), augmentation des colères et des explosions à chaque fois que le modem ralentit ses «élans guerriers»...  Et que dire des batailles en fin de soirée au moment où il fallait carrément cacher le clavier pour réussir à l'envoyer se coucher...  Plus d'exercice, troubles de l'attention, colères fréquentes, obsessions, troubles du sommeil, syndrome du canal carpien, douleur dorsale et cervicale, hygiène douteuse, alimentation irrégulière, plus d'amis en chair et en os...  Il faut bien se l'avouer: David est aux prises avec un nouveau fléau: la «cyberdépendance».

Mais quelle position doit-on prendre comme parents, dans un monde où la technologie semble essentielle à nos enfants, pour éviter qu'ils ne deviennent des «mésadaptés sociaux-électroniques»?