La liste des précautions à prendre si l'on se risque à consommer de la salvia - liste qui provient, de surcroît, de ses partisans mêmes - donne à réfléchir. Si vous essayez cette drogue, recommandent ceux qui en ont fait l'expérience, mieux vaut le faire: sous la supervision d'une personne sobre, en se tenant loin des masses d'eau, du trafic, des objets contondants, des armes à feu, des fenêtres et des balcons... à tout hasard. C'est tout? Et on veut nous faire croire qu'autrement, ce n'est pas plus dangereux qu'un Quick aux fraises?

Qu'est-ce que la salvia?
La salvia, une variété de sauge, est consommée depuis des millénaires au Mexique, mais ce n'est qu'en 1939 qu'un botaniste anglais l'a répertoriée. Et voilà que 70 ans plus tard, ce psychotrope est disponible au Québec dans des boutiques vendant des articles liés à la consommation de drogue ou des produits «naturels». Cette substance ne figurant pas parmi les produits interdits par le gouvernement du Canada, elle se retrouve donc en vente libre et disponible à tous. Cependant, depuis 1992, comme par un effet domino, la salvia est tombée dans l'illégalité dans plusieurs pays, l'un après l'autre: Australie, Finlande, Danemark, Espagne, Italie, Corée du Sud, Suède, Belgique.

Les jeunes qui consomment de la salvia recherchent un état hallucinogène où le temps, l'espace et le monde des perceptions sont altérés. La salvia se présente principalement sous forme de feuilles séchées de couleur vert foncé. Qu'elle soit fumée, mastiquée ou bue en infusion, la salvia provoque des effets qui varient selon plusieurs facteurs, dont la quantité consommée, allant de 5X à 20X la dose initiale. Selon des jeunes consommateurs, certains commerçants ont une réserve spéciale derrière leur comptoir dont la concentration peut atteindre 60X. Cela signifie que le paquet contient cinq, dix, quinze, vingt ou même 60 fois la dose initiale. Et plus le taux est élevé, plus l'effet est intense.