Il est difficile pour les enquêteurs et les travailleurs sociaux de recueillir le témoignage des victimes d'agression sexuelle et d'en assurer la véracité. En particulier lorsqu'ils se retrouvent devant des enfants en bas âge. Ceux-ci sont souvent influençables, ce qui fait en sorte que le type de questions détermine souvent le type de réponses.

Les données indiquent que les enfants plus âgés (de 8 à 13 ans) donnent des réponses plus riches et détaillées aux questions ouvertes.

Des questions trop directives, longues ou complexes risquent d'orienter le récit et de le rendre moins fiable. Au contraire, des questions ouvertes et basées sur la «mémoire de rappel» amènent plus de détails et des réponses plus crédibles. C'est ce que révèle une étude de Mireille Cyr, professeure au département de psychologie de l'Université de Montréal, et Michael Lamb, de l'Université de Cambridge, au Royaume-Uni.

Les chercheurs ont testé l'intérêt d'une version française du protocole du National Institute of Child Health and Human Development (NICHD), aux États-Unis, protocole basé sur l'utilisation de questions ouvertes du type «Raconte-moi ce qui s'est passé» pour interroger les enfants présumés victimes d'agression sexuelle. Cette méthode privilégie aussi l'élimination des questions à choix multiples, qui incitent l'enfant à chercher la réponse susceptible de satisfaire l'adulte qui l'interroge. Des policiers et des travailleurs sociaux québécois ont mené 83 entretiens de ce type auprès d'enfants âgés de 3 à 13 ans. Les résultats ont été comparés à ceux de 83 entretiens réalisés avant que les intervieweurs soient formés au protocole NICHD.