Dans sa conquête, l'envahisseur ne vient plus avec ses armes, mais avec son argent, lequel a des effets dévastateurs s'il sert au tourisme sexuel.
La recherche de pâturages, puis l'appétit de conquête et de domination, puis l'attrait des continents nouveaux, puis le rejet des sociétés injustes ont poussé les humains, colonisés et colonisateurs à traverser les frontières et les océans pour explorer de nouveaux rivages, pour fuir leur misère ou accroître leur pouvoir.
Le tourisme sexuel est le troisième commerce illégal dans le monde, après la drogue et les armes.
Une industrie enrichissante
Au tournant du dix-neuvième siècle, quelques romantiques anglais inventent l'exode temporaire, pacifique et individuel, sans autres motifs que la curiosité des autres cultures, l'attrait des climats souriants, le désir de contempler de beaux paysages, ou le goût d'un certain passé. Ce nouveau type de voyage prit le nom de tourisme et deviendra, avec le développement des transports et l'apparition d'une classe moyenne au pouvoir économique sans précédent, l'une des premières industries au monde: pour l'année 2006, 848 millions d'arrivées internationales ont généré 733 milliards de dollars. Une industrie où chacun s'enrichit comme il peut, selon la mise de départ qu'il est en mesure d'offrir: en investissant massivement dans la construction de chaînes d'hôtels ou en offrant son corps - ou celui de ses enfants.

