Pour rejoindre les adolescents, il nous faut d'abord faire un examen de conscience. Ce que j'ai reçu comme message sur la sexualité est-il ce que je veux transmettre? Quelles valeurs voulons-nous véhiculer? Quelles images d'hommes et de femmes veut-on proposer?

L'éducation à la sexualité: deux façons

Il n'y a pas 1000 façons de faire l'éducation à la sexualité, il y en a deux: les mots et les images que nous utilisons pour parler de sexualité, et les modèles féminins et masculins que nous sommes et qui témoignent du plaisir et de la dignité à vivre comme homme ou comme femme. Si nous croyons que la sexualité est une dimension fondamentale, responsable, mais joyeuse de l'être humain, affichons-le.

Pour amener les jeunes à situer leur sexualité dans un projet personnel qui donne du sens et de la saveur à leur  vie, il nous faut:

- saisir les occasions propices pour susciter l'échange (télé, nouvelle, clip, musique, cyberporno...);

- débattre avec eux de ce qu'est une sexualité libre, démasquer ce qui dégrade, les orienter vers des matériaux (sites, lectures, émissions, films, vidéos) qui leur sont adaptés;

- intervenir sous l'angle de ce qui anime la sexualité: l'attrait, le désir, l'érotisme, le plaisir, l'amour, la beauté, le corps, l'orgasme, la satisfaction, le goût que ça dure...

- éviter les discours moralisateurs, les traitements infantilisants, la quincaillerie anatomique et les litanies de misères sexuelles;

- se brancher solidement sur la légitimité du plaisir, leur quête d'amour, leur recherche de bonheur;

- porter attention aux mots et expressions si souvent réducteurs et inquiétants: «T'es une fille parce que t'as pas de pénis!» (faux et  réducteur), pollution nocturne (qui réduit l'arroseur et son arrosage à une vulgaire équipe pollueur/polluant), relation sexuelle complète (qui sous-entend que l'érotisme non coïtal est incomplet, immature, inachevé, imparfait, insuffisant...).