On a des problèmes sexuels? Parlons-en! Aujourd’hui, les tabous sont levés. Il est cependant difficile de savoir si la prévalence des troubles sexuels était différente il y a deux mille ans.
Aux Ier et IIème siècles, la pathologie de l'activité sexuelle n'était construite qu'autour de deux éléments de la sexualité masculine: le «satyriasis» ou priapisme (érection prolongée) et la «siminis effisio» ou excrétion du sperme sans érection.
Du côté de la femme, c'est sans doute l'hystérie qui représentait le mieux les maladies de la tension excessive des organes sexuels. À cette époque, la médecine s'intéressait déjà aux pathologies sexuelles.
Mythologie grecque et aphrodisiaques
Aujourd'hui, le sexe est Dieu et, comme lui, «Il est partout». Ce n'est pas nouveau. Les anciens Grecs donnaient une place importante aux dieux et plusieurs d'entre eux étaient connus pour leur activité sexuelle. Apollon, Aphrodite, Dionysos, Hermaphrodite, Narcisse, Priape... chacun était une métaphore de la sexualité humaine, réelle ou imaginée. À travers les récits de la mythologie, les Grecs apprenaient à différencier le bon du mauvais. Au XXIème siècle, ni la mythologie ni la médecine ne se réservent à elles seules le droit d'expliquer les phénomènes de la sexualité humaine. De nombreuses sciences et doctrines y portent attention. Éros n'est plus le diable-serpent de la Genèse: il est convoité, invité, recherché, bienvenu. La gestion des pulsions d'Éros est devenue une affaire personnelle et les comportements sexuels deviennent de plus en plus variés.
Dans la foulée de l'expérimentation sexuelle, presque obligatoire pour être reconnu comme disciple d'Éros, nombreux sont les hommes et les femmes qui se retrouvent confrontés à des problèmes sexuels dont ils ne comprennent pas la cause. Affolés qu'ils sont lorsque le corps fait défaut, ils se mettent à adorer les dieux du commerce: crèmes, médicaments, pseudo-aphrodisiaques, lubrifiants, calmants, excitants... tout ça pour ne pas être exclus du cercle d'Éros. Phénomène particulièrement puissant dans le monde des adolescents. Trop souvent, les relations sexuelles précoces sont marquées du sceau du clivage qui leur permet de mettre à distance leurs sentiments. Dans une rencontre sexuelle dé-sentimentalisée, ils découvrent avec stupeur les secrets profonds de l'homme ou de la femme.
De la tête aux organes génitaux: émotions troublantes
Mélanie, 20 ans, consulte pour un problème de vaginisme (contraction involontaire et incontrôlable, des muscles qui entourent l'ouverture du vagin. Cette action réflexe empêche toute pénétration vaginale). Elle a du désir, elle aime les hommes et fantasme sur les hommes plus vieux qu'elles. À 14 ans, elle eu une première peine d'amour qui lui fit «jurer» de ne plus jamais aimer. Elle ajoute candidement: «J'ai fermé la porte à l'amour, j'ai peur de trop aimer... On dirait que je n'ai pas ce qu'il faut pour me défendre...» Je lui demande quel est le lien entre son vagin qui se contracte et ce qu'elle vient de me dire. «Je crois qu'il ferme la porte lui aussi». Mélanie réalise que son vagin ne fait que réagir à sa peur d'aimer.

