Vous soulevez que votre sexualité semble avoir changé depuis la naissance de votre deuxième enfant. Vous ne précisez pas si vous avez eu des difficultés à l'accouchement. Je vous donne donc quelques renseignements. Il arrive que certaines femmes aient une épisiotomie (une coupure que le médecin fait durant l'accouchement) qui se guérisse mal. Si vous en avez eu une, il se peut qu'elle contribue à la douleur que vous ressentez. Toutefois, toutes les femmes n'en n'ont pas, et celles qui en ont eu une ne ressentent pas nécessairement de douleur par la suite. Prenez le temps de cerner quel type de douleur vous avez et à quel endroit est se situe.
Voici donc plusieurs questions qui peuvent vous aider à réfléchir à la situation et au développement de la difficulté que vous rencontrez. Il semble que tout allait bien avant la venue du deuxième enfant. Il faut donc cerner les divers éléments qui peuvent contribuer à votre problème depuis sa naissance.
Vous dites ne plus avoir envie de faire l'amour. Les relations sexuelles ont-elles repris tôt après l'accouchement? Les douleurs étaient-elles présentes dès les premières relations? Avez-vous ressenti de la pression à recommencer la sexualité? La lubrification est-elle présente lorsque survient le moment de la pénétration?
Il arrive que les gens précipitent le moment de reprendre la sexualité en ne respectant pas les recommandations du médecin. Le corps n'est à ce moment pas prêt à vivre la sexualité, et il est alors possible que l'excitation soit insuffisante ou que le désir ne soit pas présent, d'où parfois une difficulté de lubrification. La venue d'un deuxième enfant est souvent plus exigeante pour la mère. Vous sentez-vous dépassée par les demandes de vos filles? Manquez-vous d'énergie? Vous sentez-vous toujours fatiguée? Ce sont des éléments qui peuvent aussi causer une baisse de désir. Si c'est le cas, parlez-en à votre médecin. Il arrive que des problèmes médicaux (glande thyroïde, dépression, épuisement, etc.) aient un impact important sur le désir sexuel.
Votre conjoint semble avoir de la difficulté à gérer la situation actuelle. Sentez-vous de la pression à avoir des relations sexuelles? Prenez-vous le temps d'être assez excitée pour arriver à être bien lubrifiée? Une excitation insuffisante ne permet pas d'avoir une bonne lubrification. Une absence de lubrification rend la pénétration difficile, voire douloureuse. Si tel est votre cas, prenez le temps de vivre les caresses et de construire votre excitation pour arriver à vous laisser aller et que la lubrification soit présente. Si vous vivez des craintes quant à la douleur, cela peut vous amener à anticiper la sexualité de façon négative et ainsi empêcher la lubrification de s'installer. Recentrez-vous sur le moment d'intimité que vous vivez; cela vous aidera à être plus excitée.
Votre conjoint paraît remettre votre féminité en question parce que votre désir est moins présent. Comment vous sentez-vous lorsqu'il fait de telles affirmations? Les émotions négatives qui peuvent émerger parce que ce qu'il dit vous heurte peuvent avoir un impact sur votre capacité à vous laisser aller dans la sexualité et sur votre désir. Il est difficile de désirer quelqu'un qui nous fait mal.
Comme vous pouvez le voir, beaucoup d'éléments peuvent contribuer à vos difficultés. Vous ressentez un malaise à en parler à votre gynécologue. Tentez de cerner mieux votre situation en répondant aux questions que je vous pose et trouvez le courage d'expliquer vos difficultés à votre médecin.
Un médecin de famille pourrait vous aider s'il est à l'aise de parler de sexualité. Il vous est également possible de consulter un ou une sexologue, ce qui vous gênerait probablement moins. N'hésitez pas. Ce que vous vivez ne disparaîtra pas tout seul, surtout que votre conjoint met votre relation et votre féminité en cause lorsqu'il parle du problème.
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