Changements hormonaux

Beaucoup de femmes éprouvent également une baisse d'intérêt face aux rapports sexuels dans les années qui précèdent la ménopause et dans celles qui la suivent. « Cela n'a rien de surprenant, affirme le Dr Holzapfel, puisque la ménopause fait disparaître chez la femme environ la moitié de la testostérone (l'hormone qui stimule le désir aussi bien chez les hommes que les femmes) et 80 % de l'Å“strogène. Â»

La sécheresse vaginale qui accompagne la baisse d'œstrogène peut facilement faire que les généralement un prélude à l'intimité. C'est pourquoi, femmes se désintéressent de la sexualité.

« Le vagin n'est pas bête, dit le Dr Holzapfel. S'il ressent de la douleur, il va faire en sorte que le désir disparaisse pour ne plus avoir à souffrir. Â» Une hormonothérapie de substitution, des gels lubrifiants et même l'huile d'arachide peuvent aider à remédier à ce problème.

Certains médecins offrent aux femmes se plaignant de sécheresse vaginale de prendre du Viagra, qui chez l'homme accroît le flux sanguin dans la région pelvienne. Chez la femme, les médecins espèrent que la petite pilule bleue rétablira la richesse et la sensibilité de la paroi vaginale.

« Bien que le Viagra ne soit pas officiellement approuvé pour les femmes, les médecins le prescrivent Â», dit le Dr Holzapfel. À noter toutefois que selon les études faites jusqu'à maintenant, l'utilisation du Viagra chez la femme a donné des résultats décevants.

Les médecins qui soupçonnent qu'une femme a un faible niveau de testostérone peuvent faire faire une analyse sanguine et, si le niveau est bel et bien bas, lui faire entreprendre un traitement substitutif à la testostérone. « Bien que ce genre de traitement ne soit pas lui non plus approuvé pour l'instant pour les femmes, les médecins le prescrivent néanmoins Â», observe la Dre Nancy Durand, gynécologue au Women's College Hospital. Pouvant être administrée sous forme d'injection, de pilule ou de crème topique, la testostérone peut entraîner l'apparition non désirée de poils et des troubles hépatiques, de sorte que les patientes qui suivent un tel traitement doivent être suivies de près par leur médecin.

La Dre Durand affirme que les femmes ne doivent surtout pas s'attendre à ce que la testostérone règle tous leurs problèmes sexuels. « Certaines femmes ayant peu de testostérone ont une grande libido, et d'autres qui montrent une concentration sanguine normale ont un désir faible Â», dit-elle. Par conséquent, le traitement à la testostérone ne règle pas toujours les problèmes de faible libido. Tout de même, de 30 à 50 % des patientes qui suivent un tel traitement rapportent une nette amélioration.

Quel que soit l'âge de la patiente ou la nature de son problème sexuel, la Dre Durand affirme qu'elle préfère la diriger (ainsi que son partenaire) vers un thérapeute qui examinera ses plaintes, fera faire des analyses et au besoin lui fera prendre des suppléments.

Chez certaines femmes, les difficultés sexuelles ou les pannes de désir peuvent masquer des sentiments conflictuels face à une relation, dit-elle. Dans ce cas, « la meilleure prévention est une relation saine. Â»