Les acheteurs, toujours plus nombreux, font monter les enchères. Si bien que la valeur des maisons unifamiliales au Québec a grimpé de 75% depuis 2001, et celle des condos à Montréal, de 83%! Il y a donc lieu de se demander si une famille ou un couple doit acheter une propriété au risque de leur santé financière.

Attention aux agents immobiliers!

En général, les acheteurs s'adressent d'abord aux agents immobiliers, qui leur présentent souvent des propriétés dépassant leur capacité de paiement. Même s'ils obtiennent le prêt nécessaire auprès des institutions financières, il n'est pas dit que cet achat leur permettra de vivre décemment. «Dans l'industrie immobilière, il est triste de voir que l'on fonctionne avec des ratios d'endettement qui n'ont pas changé depuis les années 1980», déplore Lise Laberge, planificatrice financière chez Option Retraite à Québec. En effet, ces ratios ne tiennent nullement compte de l'épargne nécessaire à la réalisation d'autres projets que celui de l'habitation.

Avant de vous lancer dans l'aventure immobilière, vous devez donc évaluer si les dépenses que vous planifiez concordent avec vos entrées de fonds, tout en vous permettant de maintenir un train de vie convenable. À ce titre, voici les deux ratios utilisés dans le secteur de l'immobilier résidentiel. Il est recommandable d'y inclure un montant périodique destiné aux épargnes et aux imprévus.


Évaluer sa capacité de paiement: faites le calcul!
1. L'amortissement brut de la dette (ABD), soit un ratio de 32% du revenu brut, sert à estimer les sommes maximales pouvant être consacrées au logement.

Capital et intérêts taxes frais de chauffage
____________________________________= max. 30 à 32% du revenu brut mensuel

«Selon ce ratio, un ménage dont les revenus bruts se situent à 60 000$ pourrait consacrer au maximum 19 200$ par année ou 1 600$ par mois à son logement, soit 32% du revenu brut familial mensuel», explique Éric Brassard, planificateur financier et auteur du livre Un chez soi à son coût. Cependant, certains planificateurs recommandent de ne pas consacrer au logement plus de 32% du revenu net, soit le revenu en poche après imposition.

2. L'amortissement total de la dette (ATD), le deuxième ratio, ne doit pas dépasser 40%. Ce ratio exprime le total des dettes ou du passif (prêt auto, hypothèque, solde des cartes de crédit, prêt étudiant, etc.) par rapport aux revenus globaux de l'individu ou du couple. En langage financier, le passif réfère à l'ensemble des dettes d'un individu, alors que l'actif comprend à la fois ses revenus nets annuels de même que ses épargnes et ses propriétés.

Endettement: n'étirez pas trop l'élastique!

Trop souvent, les nouveaux propriétaires s'endettent au maximum de ces ratios et les défoncent allègrement par la suite. «Lorsque le prêt hypothécaire et les dépenses reliées à la propriété ne laissent pas suffisamment de marge de manoeuvre aux nouveaux acquéreurs, ceux-ci s'endettent au-delà de leurs moyens quand un enfant arrive dans le décor ou quand vient le temps d'acheter une seconde voiture», explique Mme Laberge.