Taux variables et terme hypothécaire: attention!

Le pouvoir d'emprunt accru des consommateurs, rendu possible par l'allongement des termes, laisse peu de place aux imprévus. En effet, les institutions financières offrent maintenant des termes hypothécaires allant jusqu'à 40 ans, qui se traduisent par de petits versements mensuels. Cependant, l'intérêt sur la dette devient alors faramineux. Les banques recommandent aussi des taux variables, qui peuvent causer de sérieux désagréments financiers à une famille lors d'une hausse des taux d'intérêt.

«L'institution prêteuse a avantage à consentir un prêt important, dans les limites des risques qu'elle peut assumer (ratios ABD et ATD). L'acheteur d'une propriété doit néanmoins se demander s'il est à l'aise avec ce niveau de risque» précise Éric Gaudreau, analyste financier agréé au bureau d'Option Retraite à Québec. De plus, les institutions proposent souvent d'ajouter le prêt auto à l'hypothèque, allongeant ainsi l'échéance de l'emprunt pour la voiture pour diminuer les mensualités. «Le consommateur imagine que son budget mensuel lui en permet plus, mais il ne s'agit en fait que d'une solution à court terme», ajoute M. Gaudreault.

Jeune famille égorgée par les dettes

Prenons l'exemple d'une jeune famille au bas de l'échelle salariale, égorgée par un prêt étudiant, l'achat de meubles, d'une auto et d'une maison. Elle pourrait être tentée d'ajouter le prêt auto à son hypothèque sur 40 ans. D'autant plus que la jeune mère, qui gagne davantage que son mari, est en congé de maternité. Mais ce faisant, le couple ne disposera plus d'aucun coussin de sécurité en cas d'imprévus (perte d'emploi, naissance de jumeaux, hausse importante des taux à l'échéance de l'hypothèque, du prix de l'essence, etc.).

Ces techniques d'endettement se répercutent directement sur le niveau de vie des emprunteurs, qui paient des intérêts importants pendant une longue échéance. «Malheureusement, de nombreuses jeunes familles québécoises doivent en même temps payer le solde de leurs cartes de crédit, leurs marges de crédit ou les prêts à 0% contractés lors de l'achat de meubles dans des grands magasins», regrette Mme Laberge. Dans ces conditions, les acheteurs doivent plutôt magasiner une gamme de propriétés qui correspond mieux à leurs véritables moyens.