Un produit pour les emprunteurs disciplinés

La marge de crédit hypothécaire s'adresse à tous, mais il faut une discipline de fer pour payer capital et intérêts chaque mois. Car le principal risque de la marge, c'est d'avoir le même capital à payer sur sa dette au bout de cinq ans.

«Ce produit ne s'adresse pas aux acheteurs d'une première propriété, dont le budget est souvent serré. Leur possibilité d'endettement est illimitée. Il faut faire preuve d'une grande discipline et établir des plans de remboursement», avertit Dominique Gervais, avocate et conseillère budgétaire chez Option-Consommateurs. D'après elle, la marge est indiquée pour les personnes qui ont déjà remboursé 25% de leur hypothèque.


«C'est intéressant pour la flexibilité, mais il faut aussi payer le capital. Comme les intérêts peuvent fluctuer dans le temps, il faut absolument baisser l'amortissement», soutient Marie-Hélène Legault, responsable des cours Accès à la propriété à l'ACEF de l'Est. Selon elle, l'intérêt de cette solution dépend de la tolérance au risque de l'acheteur, qui sera à la merci des soubresauts des taux d'intérêt.

«Si les gens réempruntent sur leur marge de crédit pour faire des rénovations ou s'acheter un chalet, ils utilisent le crédit pour s'enrichir. Mais s'ils le font pour consommer toutes sortes de biens qui perdent de la valeur au fil du temps, ils sont perdants», fait remarquer Martin Provencher, auteur et conférencier spécialisé en immobilier.

Un engouement certain

De plus en plus de Québécois décident aujourd'hui de recourir à la marge de crédit hypothécaire. Ce produit intéresse particulièrement les jeunes couples. «La liquidité est l'aspect le plus névralgique en début du cycle de vie. L'avantage pour les jeunes est de pouvoir ajuster leurs paiements à leur capacité financière et aux chocs budgétaires causés par un bris dans leur propriété», explique Marc-André Chouinard, de la BNC.

À titre d'exemple, Marie-Josée et Stéphane ont acheté un duplex l'an dernier. Ils ont pris une hypothèque segmentée sur leur propriété, l'une à taux fixe pour cinq ans, applicable sur le logement qu'ils occupent, et l'autre à marge de crédit hypothécaire pour le logement loué. Une bonne affaire qui leur permet de réduire leurs paiements mensuels tout en ayant accès à des liquidités pour refaire leur toiture ou changer leurs fenêtres.

«Nous trouvons ce prêt plus avantageux parce qu'il est plus flexible et nous permet de ne pas être pris en défaut même si nos entrées de fonds diminuent», dit Marie-Josée. En outre, les intérêts payés sont déductibles d'impôt sur la partie locative de leur immeuble, soit 50% de la surface habitable de leur duplex, puisqu'ils louent l'un des deux logements.