La situation est loin d'être rose. Depuis janvier 2008, l'indice phare canadien a chuté de plus de 30 %! Les autres grandes places boursières mondiales ont touché un creux de plus de cinq ans. Et l'économie de plusieurs pays industrialisés est entrée en récession.

Plusieurs économistes comparent la crise actuelle à la Grande Dépression des années 30 et à la déflation japonaise. C'est en soi une très mauvaise nouvelle puisque l'indice phare japonais, qui clôturait à un niveau historique de 38 915 points le 29 décembre 1989, est encore loin aujourd'hui de ce sommet de tous les temps. Cela laisse présager que les places boursières pourraient remonter la pente beaucoup plus lentement que lors des récents cycles.

C'est une dure réalité pour bon nombre de particuliers, qui ont le sentiment de perdre sur tous les tableaux et sont déboussolés par la virulence de ce tsunami financier. La plupart ont désormais l'impression que la crise a planté ses grandes dents dans leurs avoirs, entraînant ce que les économistes nomment un «effet d'appauvrissement».

Littéralement apeurés, certains investisseurs reviennent aux bons vieux bas de laine et matelas. D'autres, au contraire, préparent déjà le coup d'après; ils se positionnent pour profiter avant les autres de la sortie de crise, qui finira bien par arriver.

Mais ironiquement, la meilleure attitude à avoir dans les circonstances actuelles est encore... la «passivité». «Le secret est de rester calme et de ne pas paniquer, dit Gaétan Ruest, directeur de la Planification stratégique de portefeuille chez Groupe Investors. Il ne faut surtout pas changer sa stratégie à long terme à cause des tumultes de marché à court terme.»

Ainsi, si la stratégie de placement est encore pertinente: si elle correspond au profil d'investisseur, il faut la conserver. Notons, cependant, que l'horizon de temps, c'est-à-dire le temps qui s'écoulera avant de puiser dans les économies, pourrait venir tout perturber.