Le salaire horaire moyen des mères était de 12 % inférieur à celui des femmes sans enfant entre 1993 et 2004, selon Statistique Canada, alors que l'écart salarial entre les femmes seules sans enfant et les mères célibataires était évalué à 20 %. Et ce dernier s'accroît avec le nombre de petits.

L’écart moyen entre le salaire des mères d’un enfant et celui des femmes célibataires est de 9 %. Il est de 12 % pour celles qui ont deux petits et de 20 % pour celles qui en ont trois.

Le coût de la maternité, c'est-à-dire l'écart entre le revenu des mères et celui des femmes sans enfant, s'explique par différents facteurs. Certaines chefs de famille ont moins de scolarité, tandis que d'autres ne peuvent bénéficier de l'avancement ou des promotions liés à leur emploi en raison de leur disponibilité limitée. Le congé de maternité et l'arrêt de travail qui peut suivre ont aussi une incidence sur le salaire de ces femmes.

Le retour sur le marché de l'emploi

Liane Chacra, planificatrice financière, directrice régionale du bureau de Montréal-Décarie au Groupe Investors et mère de famille, a elle-même été en arrêt de travail pendant sept ans parce qu'elle désirait s'occuper de ses deux enfants. Elle est bien placée pour comprendre que la reprise du boulot est souvent parsemée d'embûches. À son retour sur le marché du travail, elle a été étonnée de constater que les employeurs considéraient sa pause comme un manque d'expérience. «On ne perd pas ses compétences en étant maman, lance-t-elle. D'autant plus qu'aujourd'hui, avec les réseaux de communication et Internet, il est facile de garder ses connaissances à jour.»

Les femmes qui choisissent de s'occuper de leur petit sont pénalisées par leur décision, constate avec dépit Liane Chacra. «La responsabilité des mères est plus grande quand leur enfant est jeune, et leur nouveau rôle les empêche forcément de beaucoup s'investir dans leur carrière», explique-t-elle. Elle croit pourtant que la décision d'être mère de famille devrait être valorisée plutôt que perçue comme un handicap. «Les femmes font un choix. Être présente pour son bébé est une responsabilité gratifiante et nécessaire au développement de l'enfant», soutient-elle.