Les Incas ont construit plus de 30 000 kilomètres de routes, aujourd’hui fréquentées par les marcheurs. Parmi ces sentiers de randonnée pédestre, le Chemin de l’Inca permet de découvrir le Pérou sous son plus beau visage
Pour des gens qui ignoraient l'usage de la roue, les Incas sont tout de même parvenus à concevoir un formidable réseau routier de plus de 30 000 km qui rayonnait jusqu'en Bolivie, au nord du Chili, traversait le Pérou de part en part pour atteindre l'Équateur et même le sud de la Colombie. Véritable miracle de la technologie, ce réseau fut construit sur un relief extrêmement accidenté à travers la cordillère des Andes en longeant des précipices et en enjambant partout ravins et ríos.
Le sentier de randonnée pédestre le plus connu du Pérou, et peut-être même de toute l'Amérique du Sud, est le «Chemin de l'Inca». Il s'agit d'un tronçon des routes incas qui reliaient les villes de l'Empire et qui aboutissaient toutes à Cusco. Mis à part les paysages spectaculaires qu'il offre, la notoriété du Chemin de l'Inca provient de la récompense qui se trouve à la fin du trajet: les ruines de Machu Picchu.
Un avant-goût de ce qui vous attend...
Le trajet du Chemin de l'Inca s'effectue généralement en quatre jours de marche, au cours desquels vous parcourrez 42 km de chemin parfois accidenté. La randonnée débute à 82 kilomètres de Cusco, peu après le village d'Ollantaytambo, son point de départ officiel. De là, le sentier longe le Río Urubamba, croise les ruines de Llaqtapata, monte puis descend la vallée de Cusíchaca et parvient ensuite au village de Huayllabamba, où vous pourrez vous approvisionner. Huayllabamba est le seul village que vous croiserez durant votre randonnée.
La deuxième journée est sans doute la plus pénible car on débute à 3 000 m et on quitte la végétation pour grimper jusqu'au col de Warmiwañusca, à 4 200 m, avant de redescendre tranquillement dans la vallée de Pacamayo. Le nom de Warmiwañusca veut dire «la femme morte»; ici, les randonneurs comprennent toute sa signification. La descente, fort raide, est exigeante pour les mollets et les genoux; faites attention aux roches qui risquent de rouler sous vos pas.
La troisième journée de marche débute tôt encore une fois pour affronter la dernière ascension difficile jusqu'à 3 860 m. En chemin, vous croiserez brièvement le site de Runkuraqay, en forme de lune, avant d'effectuer une longue descente escarpée jusqu'aux superbes ruines de Wiñayhuayna (qui signifie «toujours jeune»), lieu du campement d'étape.
Pour la dernière journée, on se lève obligatoirement vers 4h afin de pouvoir admirer le saisissant lever de soleil qui illumine le site de Machu Picchu. Généralement, on visite le site, puis on descend jusqu'au village d'Aguas Calientes en autobus pour aller se détendre dans les bains thermaux qui donnent leur nom au village. Les plus vaillants pourront descendre au village à pied; il faut alors compter environ 1h30 de plus.


