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Les questions de la semaine
Bonjour Monsieur Roy,
J'ai subi une amygdalectomie et cessé de fumer en octobre dernier. Depuis, j'ai pris 14 livres. Avant ces événements, j'avais environ une vingtaine de livres à perdre, ce qui pouvait se gérer assez bien. Maintenant, plus rien n'agit. J'ai recommencé à m'entraîner en décembre dernier: je fais 45 minutes de cardio trois fois par semaine et m'alimente vraiment TRÈS bien. Impossible pour moi de perdre ne serait-ce qu'une seule livre. J'ai consulté un endocrinologue. Tout est correct de ce côté-là. Il m'a expliqué que mon système est ainsi fait et que, hérédité oblige... (étant adoptée, je n'ai aucune connaissance de mon bagage génétique et héréditaire). Je ne peux me contenter de cette réponse et être de plus en plus malheureuse. Auriez-vous une réponse pour moi?
Sabrina
J'ai un taux de sucre élevé dans mes lipides qui, eux, sont proches du maximum permis. J'ai changé mon alimentation, je mange des fruits et des légumes au moins trois fois par jour et je pratique la marche rapide au moins une heure par jour tous les jours. J'ai presque éliminé le gras saturé de mes repas, je mange de la nourriture faible en gras. Avec cette alimentation, vais-je régler mon problème?
Merci à l'avance.
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Je suis de la génération: "pas plus de 3 ufs par semaine". Mon fils de 16 ans a entrepris un programme de conditionnement physique dans un centre local. On lui conseille d'absorber , après son entraînement, 3 ufs + une banane + du lait, le tout passé au mélangeur. Comme il s'entraîne 6 fois par semaine, il doit consommer 18 ufs. Alors là, j'en suis rendue à nous procurer une poule! Mais qu'advient-il du cholestérol et de mon vieux principe de "pas plus de 3 ufs par semaine".
Potentille
Ma mère prend 1/4 de Préviscan 20 mg chaque jour (posologie actuelle pour 15 jours, en recherche d'un Tp convenable). Le médecin lui a interdit de manger: poireau, salades, choux puis, à une deuxième visite, il a interdit: endives, épinards, asperges. Y a-t-il d'autres aliments qui contrarieraient la prise de l'antivitamine K?
Merci de votre réponse.
F. Harbulot
Perte de poids impossible, portions de fruits et de légumes, les ufs et la vitamine K
Madame Sabrina, je peux comprendre le désespoir d'une personne lorsqu'elle se fait dire que c'est son hérédité qui l'empêche de perdre du poids. Il est vrai que l'hérédité peut expliquer certains problèmes d'embonpoint ou encore de métabolisme de base plus lent. Toutefois, j'ai comme philosophie qu'il est possible non pas de contrecarrer les effets de l'hérédité mais à tout le moins d'en diminuer les conséquences. Par contre, vous devez être prête à faire plus d'exercices de haute intensité et à porter une plus grande attention à bien manger que les autres individus n'ayant pas une hérédité "défavorable".
Premièrement, bien que vous mangiez bien, je vous conseillerais de consulter un(e) diététiste / nutritionniste. Il (elle) discutera avec vous de vos habitudes de vie, de votre alimentation de même que de votre passé médical et de votre situation présente. À partir de ça, on vous indiquera une alimentation, en tenant compte de vos préférences alimentaires, qui vous aidera à atteindre votre but à moyen ou long terme.
Deuxièmement, il me semble évident que 45 minutes d'exercices cardiovasculaires ne soient pas suffisantes. Afin de favoriser une perte de poids efficace et durable, il faut allier des séances de musculation à des exercices d'endurance (voir l'entraînement et la nutrition). La musculation rendra le muscle plus actif, augmentant ainsi le métabolisme de base. Également, il est montré scientifiquement qu'un exercice d'endurance à haute intensité de courte durée augmente plus la dépense énergétique après l'exercice que si ce même exercice avait été pratiqué sur une plus longue durée à une faible intensité. Essayez de consulter un(e) diététiste / nutritionniste spécialisé dans le domaine sportif, il (elle) pourra vous recommander un centre sportif adéquat où se trouvent des spécialistes en entraînement. Finalement, adoptez cela comme étant votre nouveau style de vie. Ne voyez pas cela comme une corvée mais faites-le avec plaisir et vous allez faire mentir l'endocrinologue!
Le taux de sucre et les fruits et légumes
Monsieur ou madame, je suppose que le taux de sucre élevé dans vos lipides dont vous faites mention dans votre message représente les triglycérides. Si c'est le cas et si vous avez un excès de poids, il serait souhaitable que vous vous mainteniez à un poids santé. Souvent, le simple fait de perdre du poids peut ramener les triglycérides à un taux normal. Une faible consommation de produits riches en sucres concentrés (chocolat, boisson gazeuse, friandise, pâtisserie...) favorisera une baisse des triglycérides. Également, une diminution à un verre d'alcool / jour ou même une abstention totale de consommation fera revenir les triglycérides à un taux normal.
Les changements de vos habitudes sont louables et vont dans la bonne direction. Cependant, je vous suggérerais de consulter le Guide alimentaire canadien pour manger sainement. Vous allez remarquer que votre apport en fruits et légumes devra être augmenté tout en mettant l'emphase sur les produits céréaliers à grains entiers. Il est bien de couper dans le gras saturé, mais ne négligez pas trop les autres types de gras (monoinsaturés et polyinsaturés), car ils vous seront bénéfiques, notamment pour faire baisser le taux de mauvais cholestérol (LDL). N'hésitez pas à consulter un(e) diététiste / nutritionniste.
Les ufs et le cholestérol
Les connaissances en matière de nutrition progressent au gré des découvertes scientifiques. Cela a pour conséquence de mener à des changements dans les recommandations, dont celles concernant la consommation des ufs. Les Canadiens consomment présentement 3,5 ufs par semaine, ce qui respecte à peu près les recommandations des professionnels de la santé, soit un maximum de 3 ufs par semaine. La sélection des poules de même que les changement apportés dans leur nourriture ont mené à une diminution du cholestérol dans le jaune d'uf. De 274 mg en 1989 pour un uf de calibre gros, il est passé à 190 mg de cholestérol en 1999. De plus, plusieurs études montrent qu'une consommation quotidienne de 1 uf (soit 7 par semaine), chez des individus en bonne santé, n'influence pas la prédisposition à développer une hypercholestérolémie ou des maladies cardiovasculaires.
Toutefois, pour votre fils, bien qu'il soit en bonne santé, une quantité de 18 ufs par semaine me semble beaucoup et non nécessaire. Après sa séance de musculation, la consommation d'un jus de fruits ou du lait écrémé (ou 1%) mélangé avec une banane lui apportera tout ce qu'il lui faut pour récupérer et satisfaire ses besoins en protéines, sans les inconvénients du cholestérol.
La vitamine K et les anticoagulants
La vitamine K fait partie de la famille des vitamines liposolubles (A, D, et E). Le rôle principal de cette vitamine est de permettre la coagulation du sang, une cicatrisation efficace et d'empêcher l'hémorragie lors d'une blessure. De plus, cette vitamine participe à la synthèse des protéines osseuses. Sans la vitamine K, les protéines formées sont anormales et ne peuvent être liées aux minéraux formant les os. Les anticoagulants que votre mère prend vont rendre son sang plus fluide et moins susceptible à la formation de nouveaux caillots sanguins ou encore à l'artériosclérose.
Chez un individu ne présentant pas de maladies cardiovasculaires, la vitamine K, même prise en bonne quantité dans les aliments, ne le rendra pas plus à risques de développer des maladies cardiaques. Par contre, chez ceux qui prennent des anticoagulants, un régime élevé en vitamine K peut venir contrer les effets de ces médicaments. D'où la recommandation du médecin de limiter la consommation d'aliments riches en vitamine K dans ces cas. Une des sources de vitamine K et sur laquelle nous n'avons pas de contrôle provient de la flore bactérienne de l'intestin. Malheureusement, sa production ne suffit pas à combler nos besoins en vitamine K. Il est facile de chercher cette vitamine dans notre alimentation. Les aliments les plus riches (plus que 100 mg / 100 g) sont les algues sèches, le chou vert, le chou pommé vert, les épinards, les feuilles de rutabaga crues, la laitue, le brocoli, les choux de Bruxelles, l'huile de colza, l'huile de soja, les lentilles sèches et le thé vert. Ensuite, les viandes et produits laitiers contiennent entre 100 et 50 mg de vitamine K / 100g d'aliments et, finalement, les céréales et fruits avec moins de 10 mg / 100 g.
Les apports recommandés pour les Canadiens n'ont pas été encore déterminés. Par contre, aux États-Unis les apports recommandés sont de 65 mg / jour pour les femmes et de 80 mg / jour pour les hommes. Fait à noter, les carences en vitamine K sont rarissimes dans la population adulte.
Comme vous le constatez, la vitamine K est présente dans plusieurs aliments mais dans des proportions différentes. En fonction du type d'alimentation et des préférences alimentaires de votre mère, il est possible de limiter les aliments riches en vitamine K et de consommer avec modération les viandes et produits laitiers. Attention, dans le dernier cas il ne s'agit pas de les éliminer mais de diminuer la grosseur et le nombre de portions, si cela s'avérait nécessaire. Quant aux fruits et céréales, leur consommation n'est pas problématique et elle est même bénéfique dans le cas de maladies cardiovasculaires (diminue taux de cholestérol, vitamines antioxydantes, etc.). Comme dernière recommandation, je vous suggère de consulter avec votre mère un(e) diététiste / nutritionniste. De concert avec son médecin traitant, il s'assurera qu'il y a équilibre dans l'apport en vitamine K.
Stéphane Roy, nutritionniste, M.Sc.
Références:
Hu FB et coll. "A prospective study of egg consumption and risk of cardiovascular disease in men and women",
JAMA, 21 avril 1999, 281(15), 1387-1394.
Nestlé nutrition. Formation de base en
nutrition, Suisse, 1990, 58p.
Office canadien de commercialisation des ufs.
Valeur nutritive des oeufs
canadiens, janvier 1999.
Ordre professionnel des diététistes du Québec.
Manuel de nutrition clinique, Dyslipidémies, chap. 7.1, p.1-23, 3e éd., Montréal, 1997.
Ordre professionnel des diététistes du Québec.
Manuel de nutrition clinique, Régime restreint en vitamine
K, chap. 16.22, p.1-2, 2e éd,, Montréal, 1991.
Santé et Bien-être social Canada.
Recommandations sur la nutrition, Rapport du comité de révision scientifique. Vitamines
liposolubles, Centre d'édition du gouvernement du Canada, Canada 1990, p. 106-108.
Schnohr P. et coll. "A double-blind, randomized, controlled trial of the effects of two eggs per day in moderately hypercholesterolemic and combined hyperlipidemic subjects taught the NCEP step I diet",
J Am Coll Nutr, 1997, 16(6), 551-561.
Withney et Rolfes. Understanding nutrition. The lipids: triglycerides, phospholipids, and
sterols, 6e éd., West Publisher, É.-U. 1993, p. 132-168.
Withney et Rolfes. Understanding nutrition. The fat-soluble vitamins: A, D, E, and
K, 6e éd., West Publisher, É.-U. 1993, p. 336-366.
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